Le 29 janvier 2026, l’aéroport international Diori Hamani de Niamey et la base aérienne 101 ont été la cible d’une attaque armée. Le général Abdourahamane Tiani a immédiatement désigné trois États dont la Côte d’Ivoire comme responsables, accusant nommément leurs présidents d’être les « sponsors » de cette opération. Abidjan a aussitôt convoqué l’ambassadrice du Niger pour protester contre ces allégations, exprimant son indignation face à des déclarations contraires aux règles diplomatiques et a adressé un courrier de protestation aux autorités nigériennes. Le gouvernement ivoirien est revenu à la charge, rappelant sa position et précisant qu’il attend désormais une réponse officielle du Niger ainsi que des preuves des accusations formulées.
La Côte d’Ivoire franchit une ligne rouge
La réaction de la Côte d’Ivoire s’est durcie mercredi, après que le président nigérien a personnellement visé Alassane Ouattara. Lors du compte-rendu du Conseil des ministres, le ministre de la Communication, Amadou Coulibaly, a affirmé que le pays ne tolérerait plus que le chef de l’État soit « vilipendé de façon mensongère ». Si les accusations générales portées contre la Côte d’Ivoire avaient initialement été ignorées, jugées ne nécessitant pas de réponse officielle, le gouvernement a changé de ton dès lors que la dignité présidentielle a été directement attaquée. Coulibaly a également précisé le rôle de la Russie dans cette crise : bien que Moscou ait évoqué une « ingérence de certains pays », elle n’a jamais accusé directement la Côte d’Ivoire ni impliqué personnellement Ouattara, soulignant ainsi l’importance d’éviter tout amalgame diplomatique.
Des preuves attendues, une revendication concurrente
Abidjan demeure en attente de réponses concrètes et de preuves étayant les accusations de Tiani. Le porte-parole du gouvernement a qualifié de « grotesque » l’implication de la Côte d’Ivoire, soulignant un point décisif : l’attentat a été revendiqué par le groupe terroriste État islamique. Cette revendication contredit la version nigérienne selon laquelle il s’agirait d’une opération commanditée par des puissances régionales et internationales.
Le gouvernement ivoirien réaffirme que son pays « n’a rien à se reprocher ». Face à des accusations qu’il juge infondées, Abidjan exige désormais une réponse implicite : Niamey doit justifier ses allégations. Les jours à venir permettront de situer clairement les responsabilités.



