En séjour au Bénin du 13 au 15 février 2026, le professeur SHINODA Hideaki de l’Université des langues étrangères de Tokyo a animé une série de séminaires consacrés à la consolidation de la paix, à l’initiative de l’Ambassade du Japon au Bénin. Ces rencontres, organisées successivement à la chancellerie japonaise puis à l’Université d’Abomey-Calavi, s’inscrivent dans un programme de développement des ressources humaines orienté vers la prévention des conflits et la promotion de la stabilité.
Durant deux sessions d’échanges avec des universitaires, étudiants et acteurs institutionnels, l’universitaire japonais a mis en perspective l’expérience historique de son pays, notamment la reconstruction de Hiroshima, présentée comme un modèle de résilience et de diplomatie pacifiste. « L’histoire est une source essentielle de la diplomatie pacifiste du Japon », a-t-il expliqué, soulignant que la compréhension du passé permet d’éclairer les défis contemporains, aussi bien en Asie qu’en Afrique.
Le leadership au cœur de la construction de la paix
Interrogé sur les leviers concrets pour renforcer la stabilité dans le monde, le professeur SHINODA Hideaki a insisté sur la responsabilité humaine dans l’édification de sociétés pacifiques. « Les régions, pays et communautés pacifiques sont créés uniquement par les êtres humains », a-t-il affirmé, mettant en avant le rôle déterminant du leadership et la nécessité de solutions adaptées aux contextes locaux.
Pour lui, il n’existe pas de modèle universel en matière de consolidation de la paix ; chaque société doit développer sa propre vision à partir de ses réalités et de son histoire. Cette approche privilégie la créativité politique et institutionnelle, ainsi qu’une lecture analytique des situations de crise. Elle invite également à un dialogue Sud-Sud et Nord-Sud fondé sur le partage d’expériences plutôt que sur la transposition de schémas préétablis.
L’université comme incubateur de valeurs et de compétences
Au cœur des échanges avec la communauté universitaire béninoise, la question de l’intégration des valeurs de paix dans les curricula a suscité un intérêt particulier. L’enseignant-chercheur a plaidé pour une pédagogie fondée sur l’analyse critique et la compréhension des finalités des valeurs enseignées. « Prêcher des valeurs ne fonctionne pas dans la société », a-t-il averti, estimant que les universités doivent avant tout former des esprits capables d’interpréter les réalités complexes et de concevoir des visions stratégiques. Dans cette perspective, l’institution universitaire apparaît comme un espace de production de connaissances et de compétences analytiques, indispensable à l’émergence d’un leadership éclairé en matière de paix et de stabilité



