Un atelier de formation destiné aux journalistes d’investigation s’est déroulé du 18 au 20 février 2026 à Grand-Popo, dans le cadre du projet Stop Corruption, Stop VBG, porté par le consortium SOS Civisme Bénin et Banouto, avec l’appui d’Expertise France. L’initiative vise à renforcer les compétences journalistiques sur des thématiques encore peu explorées au Bénin : la corruption sexuelle et les violences basées sur le genre facilitées par la technologie, dites Vbgft.
L’ouverture de l’atelier a été marquée par la présence de Lionel Gbegonnoude, représentant du président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), qui a rappelé la responsabilité sociale des médias et l’importance du rôle du journaliste d’investigation dans la lutte contre la corruption sexuelle et les Vbgft. Les participants ont été encadrés par des formateurs expérimentés, Dorice Djeton et Josué Méhouénou, spécialistes du journalisme d’investigation et de la thématique genre et médias.
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Bénin : Celtiis Cash lance la mini-app Play PassDurant trois jours, les modules ont porté sur des techniques d’investigation adaptées aux sujets sensibles, l’éthique journalistique, la protection des sources et des données, ainsi que la rédaction de synopsis d’enquête. Les journalistes ont été formés à l’enquête par hypothèse, aux méthodes de collecte et hiérarchisation de l’information, et aux outils garantissant la sécurité et la confidentialité des victimes et sources. Un accent particulier a été mis sur la prévention du traumatisme vicariant et de la fatigue émotionnelle chez le journaliste confronté à ces sujets délicats.
La directrice exécutive de Sos Civisme Bénin, Estelle Akpa-N’Kakou, a rappelé l’importance de produire des enquêtes rigoureuses, éthiques et à fort impact social. Elle a souligné que la formation n’était qu’une étape initiale, et que l’engagement des participants devait se poursuivre au-delà de l’atelier pour garantir des productions de qualité.
« Cette formation a été pour moi très enrichissante. Les thématiques dont il a été question sont encore trop peu abordées dans les médias, alors qu’elles touchent profondément notre société. Les échanges et les exemples pratiques m’ont donné davantage de motivation pour approfondir ces questions dans mon travail », a confié Audrey Segbo, participante.
Pour Gamai-Léonce Davodoun, manager général de Banouto, le premier objectif du projet est atteint : sensibiliser et former les journalistes sur ces sujets. « Le défi maintenant, c’est de rester mobilisés pour la suite. La formation a une fin, mais l’investigation du journaliste, c’est pour toujours », a-t-il rappelé. Les participants bénéficieront désormais d’un suivi individualisé sur le terrain, incluant validation des sujets, accompagnement des enquêtes et encadrement continu par les coachs pour garantir la qualité et l’impact des productions.
Ce programme s’inscrit dans une volonté de renforcer la responsabilité sociale des médias et de créer un cercle vertueux : informer le public sur des pratiques souvent dissimulées, protéger les survivantes de violence basée sur le genre et soutenir l’amélioration des politiques publiques et des pratiques de prévention. L’atelier a permis aux journalistes d’acquérir des compétences clés pour produire des enquêtes éthiques, sécurisées et à fort impact sur des sujets sensibles et encore peu documentés au Bénin.