CAN féminine : pourquoi le Maroc, frustré par sa finale perdue, a tout abandonné

Le royaume chérifien renonce à accueillir la compétition continentale féminine prévue en mars. Ce désistement surprise, survenu à deux mois du tournoi, intervient dans un climat de tensions avec l’instance dirigeante du football africain après la finale controversée de la CAN 2025.

Coup de tonnerre dans le football africain. Le Maroc ne sera pas le pays hôte de la CAN féminine 2026. C’est la vice-ministre sud-africaine des Sports, Peace Mabe, qui a révélé l’information ce dimanche lors des Hollywoodbets Super League Awards à Johannesburg. « Nous avons saisi l’opportunité car nous disposons des infrastructures nécessaires. Lorsque le Maroc a indiqué qu’il n’était pas prêt, nous avons répondu que nous l’étions », a-t-elle expliqué. L’Afrique du Sud organisera donc ce tournoi qualificatif pour le Mondial 2027 au Brésil, dont le coup d’envoi est fixé au 17 mars.

La Fédération royale marocaine de football (FRMF) n’a fourni aucune explication officielle. Mais ce retrait brutal s’insère dans une situation particulièrement tendue. Les Lions de l’Atlas, qui rêvaient d’un deuxième titre continental après leur sacre de 1976, ont vu leurs espoirs s’effondrer en finale face à l’Égypte. Une rencontre émaillée d’incidents et de décisions arbitrales contestées. Quelques jours plus tard, la CAF a sanctionné la fédération marocaine, aggravant la fracture entre les deux parties.

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Rabat et la CAF au bord de la rupture

Au-delà de l’amertume sportive, ce désengagement témoigne d’une relation dégradée entre le Maroc et la Confédération africaine de football. Des sources proches du dossier évoquent des divergences à la fois politiques et institutionnelles. Les critiques émises par Rabat contre l’arbitrage et la gestion de la finale auraient envenimé les échanges. À cela s’ajouteraient des pressions venues de l’intérieur du royaume, où l’opinion publique digère mal l’échec de la CAN 2025.

Le Maroc devait pourtant marquer l’histoire en accueillant la première édition élargie à 16 équipes, après avoir déjà organisé les tournois de 2022 et 2024. En octobre 2024, le comité exécutif de la CAF lui avait confié cette mission. Un engagement aujourd’hui rompu, qui rappelle un précédent : en 2015, le royaume avait déjà décliné l’organisation de la CAN masculine, arguant des risques liés à l’épidémie d’Ebola. La Guinée équatoriale avait alors assuré le remplacement au pied levé.

Les Lionnes de l’Atlas menacées d’exclusion

Ce retrait tardif expose la FRMF à de sévères sanctions. Les textes de la CAF prévoient qu’un désistement à moins de six mois d’une compétition entraîne une pénalité financière de 250 000 dollars. La fédération fautive doit également assumer l’ensemble des dommages causés aux autres parties prenantes. Plus grave encore : l’équipe nationale féminine risque d’être suspendue pour les deux prochaines éditions du tournoi.

Une telle sanction priverait les Lionnes de l’Atlas de la CAN 2026 et compromettrait leur parcours vers la Coupe du monde 2027. Dans le groupe A, leur absence profiterait directement à l’Algérie et au Sénégal, qui verraient leurs chances de qualification décuplées.

Du côté sud-africain, cette nomination inattendue représente une aubaine. Le pays, rompu à l’organisation de grands événements sportifs internationaux, accueillera les Banyana Banyana, championnes d’Afrique en titre, devant leur public.

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