France : Elon Musk convoqué par la justice, perquisition chez X

Depuis son rachat par Elon Musk, la plateforme X occupe une place centrale dans le débat public mondial. Héritière de Twitter, elle s’est imposée comme un espace majeur d’expression politique, médiatique et citoyenne, en France comme ailleurs. Utilisée par des responsables politiques, des journalistes, des institutions et des millions d’utilisateurs, X joue un rôle structurant dans la circulation de l’information en temps réel. Cette influence, amplifiée par l’automatisation des contenus et l’usage d’outils algorithmiques, place naturellement la plateforme sous l’attention des autorités publiques. C’est dans ce cadre que la justice française s’intéresse désormais de près au fonctionnement de X sur son territoire.

Justice française et cybercriminalité

Les autorités judiciaires françaises ont franchi une étape concrète ce mardi 3 février 2026. Le parquet de Paris a fait savoir qu’une perquisition était en cours dans les locaux français de la plateforme X. L’opération est menée par la section spécialisée dans la lutte contre la cybercriminalité, un service chargé d’examiner les infractions liées aux usages numériques, à la diffusion de contenus illicites et aux responsabilités des acteurs du web.

Au-delà de cette mesure matérielle, la procédure prévoit également l’audition de plusieurs responsables de la plateforme. Elon Musk, propriétaire de X, est convoqué le 20 avril prochain par le parquet de Paris. La même convocation concerne Linda Yaccarino, ancienne directrice générale du réseau social. Ces auditions doivent permettre aux enquêteurs de recueillir des éléments d’explication sur la gouvernance de la plateforme, ses mécanismes de modération et certains choix techniques opérés ces dernières années.

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À ce stade, la justice ne communique pas sur d’éventuelles infractions caractérisées ni sur des responsabilités pénales établies. Les autorités se limitent à confirmer les actes de procédure engagés, sans commenter le fond des investigations en cours.

Audition libre, perquisition et responsabilités de X en France

Les convocations annoncées par le parquet de Paris prennent la forme d’« auditions libres ». Cette notion mérite d’être clairement expliquée. Une audition libre est une procédure au cours de laquelle une personne est entendue par les enquêteurs sans être placée en garde à vue. Elle ne fait l’objet d’aucune privation de liberté et peut quitter les locaux à tout moment. La personne auditionnée est informée des faits examinés, de son droit de garder le silence et de la possibilité d’être assistée par un avocat.

Autrement dit, une audition libre ne vaut ni mise en examen ni reconnaissance d’une culpabilité. Elle permet à la justice de recueillir des informations, des explications ou des précisions, notamment lorsque des responsabilités de direction ou de décision sont en jeu. Dans le cas présent, la convocation d’Elon Musk et de Linda Yaccarino vise à éclairer les enquêteurs sur le fonctionnement de X, en lien avec les activités de la plateforme en France.

La perquisition menée dans les locaux français de X répond à la même logique procédurale. Elle permet aux autorités de consulter des documents, supports numériques ou éléments techniques utiles à l’enquête. Ce type d’opération est fréquent dans les dossiers liés au numérique, où la compréhension des systèmes internes et des circuits décisionnels constitue un enjeu central.

Pour X, cette séquence judiciaire intervient dans un environnement réglementaire exigeant. La France, comme d’autres États européens, renforce progressivement son arsenal juridique face aux plateformes numériques, notamment sur les questions de cybercriminalité, de diffusion de contenus interdits et de coopération avec les autorités. Les entreprises du secteur sont tenues de répondre aux sollicitations judiciaires et de démontrer leur conformité aux règles en vigueur sur le territoire où elles opèrent.

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