Iran : 60 avions américains repérés en Jordanie, Trump met la pression

Soixante appareils de combat sur une base jordanienne. Le New York Times, s’appuyant sur des images satellites, confirme que Washington a massé près de trois fois le nombre habituel d’avions militaires à Muwaffaq Salti — un déploiement qui propulse la crise nucléaire iranienne dans une nouvelle phase.

Depuis dimanche, au moins 68 appareils ont atterri sur la base aérienne jordanienne d’Azraq : des chasseurs furtifs F-35, des drones, des hélicoptères. Trois fois la présence habituelle. Les images satellitaires ne laissent guère de place à l’interprétation.

En mer, le tableau est tout aussi éloquent. L’USS Abraham Lincoln patrouille en mer d’Arabie depuis fin janvier, positionné à moins de 700 kilomètres des côtes iraniennes. L’USS Gerald R. Ford — le plus grand porte-avions du monde — traverse l’Atlantique en direction du Golfe. Deux groupes aéronavals simultanément déployés au Moyen-Orient : une configuration rarissime.

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Quatorze navires de guerre, plus de 120 avions, des sous-marins nucléaires. Le Pentagone n’a pas déployé une telle force dans la région depuis l’invasion de l’Irak en 2003.

L’armée dit qu’elle est prête

Selon CNN et CBS, le commandement militaire a officiellement informé Trump que ses forces pouvaient frapper dès ce week-end. Aucune décision définitive n’a été prise — mais l’architecture du dispositif parle d’elle-même : plus de 85 avions ravitailleurs, 170 vols cargo chargés d’armes et de munitions, des systèmes Patriot repositionnés sur lanceurs mobiles à Al-Udeid au Qatar, des avions de guerre électronique EA-18G Growler stationnés en Jordanie.

Un responsable américain cité par Reuters a précisé que les frappes pourraient cibler non seulement les installations nucléaires, mais aussi les infrastructures des Gardiens de la Révolution. Une campagne de plusieurs semaines, pas une frappe éclair.

Maintenir cette posture coûte environ 300 millions de dollars par mois.

Trump, lui, joue sur deux tableaux. « Nous aurons peut-être à franchir un cap supplémentaire, ou peut-être pas », a-t-il déclaré jeudi, ajoutant qu’il se donnait dix jours pour décider si un accord restait possible. Derrière la formule ambiguë : un ultimatum calibré.

Téhéran se prépare aussi

Côté iranien, la réponse oscille entre fermeté rhétorique et ouverture tactique. Le guide suprême Ali Khamenei a publié sur X une image générée par intelligence artificielle représentant l’USS Gerald Ford en train de couler. Le message est peu subtil.

Les Gardiens de la Révolution ont averti que toute frappe sur le sol iranien déclencherait des représailles contre l’ensemble des bases américaines de la région — Jordanie, Qatar, Koweït, Émirats, Arabie saoudite, Bahreïn.

Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité de l’ONU, Téhéran a pourtant affirmé ne pas chercher « la tension ni la guerre ». Des pourparlers indirects ont eu lieu mardi à Genève entre le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi et l’envoyé spécial américain Steve Witkoff. Le chef de la diplomatie iranienne a évoqué « de bons progrès » — une formulation prudente qui n’engage à rien.

Pendant ce temps, l’Iran renforce en béton et en remblais plusieurs de ses installations nucléaires souterraines, selon de nouvelles images satellites analysées par l’Institut pour la science et la sécurité internationale.

Un comité de défense britannique a par ailleurs signalé que Londres a refusé à Washington l’usage de Diego Garcia et de la base RAF Fairford pour des frappes offensives contre l’Iran — un désaccord entre alliés qui complique la logistique opérationnelle américaine.

Toutes les forces nécessaires à une opération seraient en place, selon des responsables du Pentagone, d’ici la mi-mars.

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