Le Département du Trésor américain a levé les sanctions visant trois hauts responsables du Mali, selon une notification officielle rendue publique ce vendredi 27 février 2026. Le ministre de la Défense Sadio Camara, ainsi que les hauts militaires Alou Boi Diarra etAdama Bagayoko, ne sont plus soumis aux mesures restrictives imposées par Washington. Cette décision intervient au moment où les deux pays se rapprochent après plusieurs mois de tensions.
Des sanctions liées à l’implication avec le groupe Wagner
En juillet 2023, les États‑Unis ont imposé des sanctions à trois hauts responsables maliens — le ministre actuel de la Défense Sadio Camara, le chef d’état‑major de l’air Alou Boi Diarra et le commandant adjoint Adama Bagayoko — parce qu’ils ont facilité selon les USA, l’entrée et l’expansion de la présence du groupe Wagner au Mali. Le groupe Wagner est une société militaire privée russe accusée par Washington d’activités déstabilisatrices et d’abus des droits humains à l’intérieur et en dehors du pays. La levée de ces mesures suggère que les autorités américaines considèrent que ces personnalités ne représentent plus une menace en raison de leurs connexions précédentes au groupe mercenaire.
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Niger : 25 combattants d’autodéfense tués dans une attaque près de la frontière malienneCameron Hudson, ancien responsable américain ayant travaillé à la CIA et au Département d’État, a interprété cette levée de sanctions comme l’expression d’une stratégie renouvelée. « Les États-Unis ont considérablement accru leur engagement auprès des autorités maliennes dans le but de relancer la coopération antiterroriste et de souligner davantage le message selon lequel les États-Unis ne seront plus paralysés dans leur politique étrangère en se désengageant dans les pays dirigés par des pouvoirs militaires », a-t-il déclaré à Reuters.
En attente de la réaction de Bamako
Le gouvernement malien n’a pas émis de déclaration officielle immédiate concernant cette levée de sanctions. Aucune réaction n’a été signalée des autorités maliennes au moment de la notification américaine.
Les relations entre les deux pays avaient connu une escalade au début de l’année. Les États-Unis ont placé le Mali sur sa liste de pays soumis à des restrictions d’entrée et une suspension de l’émission de visas en décembre 2025. Le Mali a alors riposté en janvier 2026 en imposant des restrictions équivalentes aux ressortissants américains, appliquant le principe de réciprocité. Cependant, depuis février 2026, les deux pays cherchent à relancer leur coopération bilatérale sur de nouvelles bases. Le Mali insiste pour que tout partenariat respecte sa souveraineté, ses choix libres de partenaires, et les intérêts des Maliens.
Un rapprochement sur fond de réalignement stratégique
Cette levée de sanctions entre dans le cadre d’une tentative de redynamiser les relations bilatérales. Les autorités américaines ont exprimé leur volonté de renouer avec le Mali en reconnaissant la souveraineté du pays et en révisant les approches passées jugées contre-productives.
Le Mali, dirigé par le général Assimi Goïta, demeure un acteur clé de la stabilité sahélienne et un enjeu de compétition géopolitique. La présence militaire russe s’y est renforcée ces dernières années, tandis que les contingents français et des partenaires occidentaux ont été chassés.
La levée des sanctions par les États‑Unis marque une inflexion notable dans leur politique envers le Mali, soulignant une volonté de privilégier la coopération sécuritaire dans le Sahel face à la montée des défis terroristes, tout en posant de nouvelles questions sur l’équilibre entre engagement stratégique et exigences en matière de gouvernance.
