Pour Poutine, la Triade nucléaire est une « priorité absolue »

La Russie accélère son arsenal nucléaire dans une situation d’escalade stratégique mondiale. Poutine élève le développement de la triade au rang de « priorité absolue ».

Le monde bascule dans une nouvelle phase de compétition nucléaire. Les grandes puissances renforcent leurs capacités stratégiques depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022. La Russie affiche clairement ses intentions : moderniser les trois piliers de sa dissuasion — missiles sol-sol, sous-marins lanceurs d’engins et bombardiers stratégiques. Un choix qui résume les arbitrages stratégiques actuels de Moscou.

La triade nucléaire reste au cœur de la stratégie russe

La triade nucléaire fonctionne sur une logique implacable. Aucune première frappe ne peut pulvériser simultanément les trois composantes du potentiel de représailles. Les ICBM basés au sol offrent une réaction en minutes. Les sous-marins lanceurs demeurent invisibles, garantissant une riposte assurée. Les bombardiers ajoutent une couche de flexibilité tactique. Cet emboîtement crée une dissuasion que peu osent remettre en cause.

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Dimanche, lors de la Journée du Défenseur de la Patrie, Vladimir Poutine a cristallisé cette politique. Dans un message vidéo, le président russe a déclaré que « le développement de la triade nucléaire, qui garantit la sécurité de la Russie et assure une dissuasion stratégique efficace et un équilibre des forces dans le monde, reste une priorité absolue ». Poutine a complété son annonce en promettant d’améliorer « la qualité et le potentiel de toutes les autres branches et services des forces armées ».

La course mondiale redémarre

Aux États-Unis, les ICBM Minuteman III font l’objet d’une modernisation accélérée. La Chine ajoute continuellement des têtes et des vecteurs à son arsenal. La France affirme la permanence de sa dissuasion. La Grande-Bretagne sort une nouvelle génération de sous-marins. Chaque capitale craint qu’une rivale ne gagne un avantage capable de désactiver l’équilibre de la terreur. Les années 1990-2010, marquées par une détente nucléaire relative, s’effondrent. Cette compétition n’obéit à aucun code écrit. Elle ne négocie pas mais elle s’accélère.

Moscou et Washington ne sont plus liés par aucun traité de désarmement nucléaire depuis l’expiration de l’accord New START le 5 février 2026. Pour la première fois en plus d’une demi-siècle, aucun accord juridiquement contraignant ne limite les forces nucléaires stratégiques des deux principales puissances nucléaires du monde. Pourtant, l’issue aurait pu être différente. En septembre 2025, Poutine avait proposé une extension d’un an des termes du traité sans mesures de vérification. Trump avait réagi favorablement en déclarant que cela « semblait une bonne idée », mais Washington n’a jamais donné suite formellement. Après l’expiration, la Russie a déclaré n’être « plus liée » par ce traité. Les inspections avaient déjà été suspendues en 2023 à cause de l’offensive russe en Ukraine.

Face à ce vide juridique, Poutine n’a pas minimisé ses intentions. Il a tranché : « Nous continuerons à améliorer la qualité et le potentiel de toutes les autres branches et services des forces armées, à améliorer leur préparation au combat et leur mobilité, ainsi que leur capacité à opérer dans toutes les conditions, y compris les plus difficiles ». Moscou ne limite pas sa course. Elle l’amplifie sur tous les fronts.

2 réflexions au sujet de “Pour Poutine, la Triade nucléaire est une « priorité absolue »”

  1. Les USA élaborent un plan de « frappe de décapitation ». Cela signifie TOUT aplatir AVANT que les Russes n’aient eu le temps de répondre.

    Aucune chance que ça marche mais le fait qu’ils étudient la question indiquent jusqu’à quel point nos « amici américani » sont capables d’aller.

    Emmanuel Todd, qui étudie la question depuis 40 ans, est arrivé à la conclusion que la survie de l’Humanité est consubstantielle à l’éradication totale (pléonasme « volontaire » à l’attention du d€b!le du forum) de l’homo americanus (c’est du latin).

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  2. Quand on voit ce que Trump fait avec l’Iran, Le Venezuela et Cuba, les Russes seraient vraiment très stupides de ne pas mettre le paquet. La Chine itou.

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