Russie : le Kenya fustige le recrutement de ses citoyens par l’armée

Des rapports récents ont révélé que plusieurs citoyens kenyans se sont retrouvés sur le front en Ukraine aux côtés des forces russes, déclenchant une vive réaction des autorités de Nairobi. Selon le gouvernement kényan, plus de 200 de ses ressortissants auraient été recrutés par des réseaux actifs, parfois sous de fausses promesses d’emplois civils bien rémunérés, allant de la vente ou la sécurité à des postes dans le sport ou la technologie. Certains ont même été attirés par des offres incluant le voyage, le logement et un salaire alléchant, sans savoir qu’ils allaient être envoyés combattre. Face à cette situation, le Kenya a protesté auprès des autorités russes, dénonçant l’utilisation de ses ressortissants comme « chair à canon » dans un conflit qui ne les concerne pas.

Le Kenya dénonce un programme de recrutement illégal ciblant ses ressortissants

Abraham Korir Sing’Oei, adjoint du ministre des Affaires étrangères, a décrit la situation comme profondément préoccupante et inacceptable. Il a dénoncé ce qu’il qualifie d’opération planifiée visant à recruter des Africains, y compris des Kényans, pour les envoyer combattre dans un conflit qui ne les concerne pas. Selon lui, un schéma répétitif se dessine : des jeunes Kenyans sont attirés par des offres d’emploi prometteuses, puis se retrouvent envoyés au front en Ukraine. Il affirme que le gouvernement du Kenya a déjà abordé cette question avec des représentants russes, tant à Nairobi qu’à Moscou.

Témoignages de Kényans revenus de Russie

Dans le cadre d’une enquête de l’AFP, quatre citoyens kenyans de retour de Russie ont partagé ce qu’ils ont vécu. Trois d’entre eux sont rentrés avec des blessures. L’un pensait occuper un poste de vendeur, deux autres espéraient travailler comme agents de sécurité, et le dernier était un sportif professionnel. Tous rapportent selon la source, avoir été trompés sur la nature réelle de leur engagement, se retrouvant sur le front malgré l’absence de toute intention de participer à un conflit armé.

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Le gouvernement du Kenya insiste sur le fait que cette pratique est totalement « inacceptable » et constitue un grave abus des droits de ses citoyens. Selon le vice-ministre, les autorités cherchent actuellement à identifier tous les ressortissants concernés et à faciliter leur retour, tout en continuant à protester contre cette exploitation devant la Russie.

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