Même si la guerre en Ukraine concentre l’attention internationale, l’OTAN se montre particulièrement vigilante face aux sous-marins russes déployés dans l’Atlantique. Ces navires ont récemment été détectés dans des zones surveillées par les forces occidentales, et des unités britanniques et américaines ont suivi leurs déplacements à la fois en mer et depuis les airs, notamment dans la Manche et le détroit de Gibraltar. Ces mouvements rappellent que la Russie continue de renforcer sa flotte sous-marine, et que cette présence loin de l’Ukraine représente un défi stratégique pour l’Alliance. La question a été discutée mardi lors de la Conférence navale de Paris, où les chefs militaires ont détaillé les menaces et les réponses nécessaires pour y faire face.
La flotte du Nord russe reste un point de vigilance majeur
Lors de la conférence organisée par l’Institut français des relations internationales (Ifri), plusieurs responsables militaires ont souligné le rôle central des sous-marins russes hors du front ukrainien. Le First Sea Lord britannique a rappelé que la Russie n’a pas réduit ses investissements dans sa flotte du Nord, et que ses sous-marins sont de nouveau actifs en mer.
Le chef des opérations navales de l’US Navy, l’amiral Daryl Caudle, a précisé que la Russie continue de produire sa dernière génération de sous-marins et les considère comme des éléments stratégiques clés. Même un nombre limité de ces navires nécessite la mobilisation de moyens considérables par les alliés pour être surveillé et neutralisé en cas de besoin.
Le général Gwyn Jenkins, chef d’état-major de la marine britannique, a insisté sur l’importance de maintenir un déploiement conséquent de ressources alliées afin de contrer cette présence, rappelant que la menace des sous-marins russes dans l’Atlantique nord reste élevée et requiert une vigilance permanente.
Coordination alliée renforcée pour sécuriser l’Atlantique
Le chef d’état-major de la marine française, Nicolas Vaujour, a souligné que la surveillance des sous-marins russes repose sur une coopération étroite entre alliés, combinant sous-marins, bâtiments de surface et avions de patrouille maritime. L’amiral Daryl Caudle a ajouté que cette approche permet de réagir rapidement aux mouvements russes tout en limitant les risques pour les forces alliées.
Les responsables présents, incluant leurs homologues italiens et néerlandais, ont rappelé que cette coordination est indispensable pour maintenir le contrôle de l’Atlantique nord et protéger les zones surveillées.
Ces alertes confirment que l’OTAN s’inquiète non seulement pour la guerre en Ukraine, mais aussi de la stratégie navale russe à plus large échelle, où la flotte sous-marine constitue un outil clé. La Russie continue de considérer ces sous-marins comme des piliers de sa puissance maritime, obligeant l’Alliance à déployer d’importantes ressources pour garantir la sécurité des eaux de l’Atlantique.



