La suspension temporaire de la production des cartes nationales d’identité annoncée par la Direction de l’Automatisation des Fichiers (DAF) a suscité de nombreuses réactions, bien au-delà de la portée immédiate du communiqué officiel. Si les autorités assurent que les données personnelles des usagers sont restées intactes et qu’une enquête est en cours, un élément périphérique du document a rapidement capté l’attention du public et des observateurs du numérique : l’adresse électronique figurant en pied de page.
Réaction officielle sur un « incident »
Selon le communiqué diffusé le 5 février 2026, un incident technique a affecté le système de la DAF, entraînant un arrêt momentané du service de production des cartes d’identité. Les services compétents ont été mobilisés afin de rétablir la situation dans les meilleurs délais. Le message se veut rassurant, notamment sur l’intégrité des données, et annonce l’ouverture d’investigations pour déterminer les causes exactes de l’incident.
Depuis plusieurs heures, une alerte de cybersécurité circule autour de la DAF, structure centrale de l’appareil administratif sénégalais. Une plateforme active sur le dark web affirme détenir des volumes importants de données présentées comme sensibles et liées à des systèmes publics, évoquant un total de 139 téraoctets. Les autorités se limitent à signaler une perturbation interne et à rappeler que les informations personnelles des citoyens n’auraient pas été compromises.
Polémique autour d’une adresse Yahoo
Au-delà du contenu du communiqué, un détail précis a cristallisé les critiques : l’utilisation d’une adresse de messagerie grand public de type « @yahoo.fr » pour une direction stratégique relevant du ministère de l’Intérieur. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont exprimé leur incompréhension, certains y voyant un signal peu rassurant à l’heure où les discours officiels mettent en avant un virage technologique et une modernisation de l’administration.
Les réactions, souvent ironiques ou sévères, pointent une contradiction perçue entre les ambitions affichées en matière de transformation numérique et certaines pratiques jugées dépassées. Pour plusieurs observateurs, l’usage d’une messagerie commerciale étrangère ne constitue pas une preuve de faille ou de compromission, mais renvoie à une question de maturité cyber-gouvernementale et d’image institutionnelle, particulièrement sensible lors d’un incident touchant un système critique.
En définitive, l’affaire met en lumière deux niveaux distincts. D’un côté, un incident technique reconnu par l’administration, accompagné de garanties sur la protection des données et d’une enquête en cours. De l’autre, un symbole qui, à lui seul, a suffi à nourrir le doute et à fragiliser la perception publique de la gestion numérique de l’État.


