Ce 26 février, un tribunal fédéral du District of Maryland a condamné Fode Sitafa Mara, ancien employé de l’ambassade des États‑Unis à Ouagadougou (Burkina Faso), à la prison à vie pour des faits d’agressions sexuelles sur deux mineures burkinabè.
Le procès de l’accusé s’est déroulé en octobre 2025 devant un jury fédéral du Maryland et s’est étendu sur deux semaines, au terme desquelles la cour l’a reconnu coupable de plusieurs chefs d’accusation.
Condamnation pénale et charges retenues
Lors de l’audience de condamnation, le juge a infligé à Mara, 41 ans, une peine de détention à perpétuité, suivie d’une période de surveillance supervisée à vie, pour quatre chefs d’agression sexuelle aggravée sur mineurs, un chef de tentative de coercition et d’entraînement de mineur, ainsi qu’un chef d’entrave à la justice.
Selon les documents judiciaires présentés lors du procès, les faits reprochés à Mara se sont produits entre 2022 et 2023 dans une résidence réservée au personnel diplomatique américain à Ouagadougou, propriété louée pour l’ambassade. La juridiction américaine s’est estimée compétente du fait que la résidence relevait de la souveraineté des États‑Unis.
Les deux victimes, âgées de 13 et 15 ans au début des agressions, vivaient dans une extrême précarité à proximité de la résidence diplomatique. L’accusation a établi que Mara avait exploité la maladie grave de leur mère pour obtenir des relations sexuelles, en leur faisant miroiter une aide qui n’a jamais été fournie.
L’accusé avait fourni des téléphones portables aux adolescentes afin de les contacter discrètement lorsqu’il était seul à la résidence et avait essayé de détruire ou dissimuler des preuves, notamment en tentant d’obtenir d’une employée de maison qu’elle mente aux enquêteurs.
Enquête et cadre légal américain
L’affaire a été instruite dans le cadre d’une enquête fédérale américaine menée par le Diplomatic Security Service (DSS), l’Office of Inspector General de l’Agence américaine pour le développement international (USAID OIG) et Homeland Security Investigations (HSI), avec l’appui des autorités burkinabè.
Ce dossier a été traité en application des lois pénales fédérales des États‑Unis prévues pour les crimes d’exploitation sexuelle de mineurs, y compris lorsqu’ils sont commis à l’étranger par des ressortissants américains sur des propriétés relevant de la juridiction américaine. L’enquête s’inscrivait également dans le cadre de Project Safe Childhood, une initiative fédérale destinée à lutter contre les crimes sexuels contre les enfants.
Le procureur général adjoint pour la division criminelle du ministère de la Justice américain a déclaré que l’accusé avait agressé sexuellement avec violence deux enfants extrêmement vulnérables alors qu’il représentait le gouvernement américain à l’étranger.
Suites procédurales possibles
Avec la sentence de perpétuité désormais prononcée, aucune date de libération n’est prévue, sauf si une procédure d’appel ou de réexamen de peine est engagée dans les règles du droit pénal fédéral américain, ce qui n’a pas été annoncé publiquement à ce stade.
