Reconduit à la tête du Parti des travailleurs de Corée lors d’un congrès exceptionnel, Kim Jong Un consolide son emprise sur l’appareil d’État nord-coréen. Pékin a réagi sans délai.
Lundi 23 février à Pyongyang, le congrès extraordinaire du Parti des travailleurs — convoqué tous les cinq ans — a reconduit Kim Jong Un dans ses fonctions de secrétaire général, «conformément à la volonté inébranlable et au désir unanime de tous les délégués», selon l’agence officielle KCNA. Une formalité attendue, à laquelle Pékin a immédiatement répondu par un signal diplomatique appuyé.
Dans un message de félicitations transmis par la télévision d’État chinoise, Xi Jinping a déclaré être prêt à «écrire un nouveau chapitre de l’amitié sino-nord-coréenne, de servir la construction du socialisme dans les deux pays».
Une alliance Pyongyang – Pékin forgée dans la guerre
Cette rhétorique fraternelle puise dans sept décennies de relations officielles. La Chine et la Corée du Nord partagent une alliance scellée par le sang lors de la guerre de Corée (1950-1953), où Mao Zedong avait engagé des centaines de milliers de soldats de l’Armée des volontaires du peuple pour repousser les forces onusiennes jusqu’au 38e parallèle. Depuis, Pékin reste le principal partenaire commercial et pourvoyeur d’aide de Pyongyang — un soutien sans lequel l’économie nord-coréenne, soumise à un régime de sanctions internationales, peinerait davantage encore.
Les liens s’étaient pourtant distendus ces dernières années, au fil du rapprochement entre Kim et Vladimir Poutine. La Corée du Nord a engagé des milliers de soldats aux côtés des forces russes en Ukraine, un pivot qui avait suscité des tensions feutrées avec Pékin.
Un rééquilibrage après le pivot vers Moscou
Septembre 2025 avait marqué une inflexion. Lors des cérémonies du 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale à Pékin, Kim avait effectué sa première sortie à l’étranger depuis 2023, rencontrant Xi en bilatéral. Les deux dirigeants avaient alors affiché leur unité, Kim s’engageant à soutenir les intérêts de souveraineté et de développement de la Chine.
Le message de Xi du 23 février réactive ce rapprochement au moment du congrès national nord-coréen. Pékin, qui souhaite que Pyongyang revienne à la table des négociations sur le nucléaire, entend conserver son influence sur un voisin courtisé par Moscou.
Le prochain test de cette dynamique trilatérale Chine – Russie – Corée du Nord pourrait intervenir si des pourparlers entre Donald Trump et Kim Jong Un — évoqués par le président américain à plusieurs reprises — venaient à se concrétiser dans les prochains mois.

