Derrière les chiffres records de la production de coton, d’anacarde ou de soja au Bénin, se cache une réalité souvent silenciée : l’omniprésence des femmes. Bien que l’imaginaire collectif dessine encore le visage de l’agriculture sous des traits masculins, les Béninoises sont pourtant les véritables colonnes vertébrales de la sécurité alimentaire, opérant avec résilience dans l’ombre des projecteurs et des politiques foncières.
Dans les champs de l’Alibori, sur les plateaux du Zou ou dans les bas-fonds marécageux de l’Ouémé, elles sont là dès l’aube. Qu’elles soient propriétaires, épouses ou ouvrières agricoles, les femmes représentent une force de travail colossale. Pourtant, lors des célébrations officielles ou dans les rapports de performance, leur contribution est souvent reléguée au rang de simple « aide familiale ». Une injustice sémantique et économique qui occulte une réalité frappante : sans les femmes, l’agriculture béninoise s’effondrerait.
Un labeur total, de la semence à l’assiette
L’implication des femmes dans le cycle agricole est quasi totale. Si le labour, tâche physiquement éprouvante, est traditionnellement dévolu aux hommes, les étapes critiques de la production reposent sur les épaules féminines. Le semis, le désherbage manuel, et surtout la récolte sont majoritairement assurés par elles.
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