L’aéroport international de Kisangani-Bangboka, dans la province de la Tshopo, a été visé ce dimanche 1er mars 2026 par une nouvelle attaque de drones attribuée par les autorités congolaises au mouvement Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). Quatre engins ont été interceptés et neutralisés par les forces de sécurité, selon les informations publiées par Actualite.cd et confirmées ce lundi 2 mars par Radio Okapi.
D’après Actualite.cd, les appareils ont été repérés dans le périmètre de l’aéroport avant d’être abattus. L’un d’eux se serait écrasé alors qu’un avion civil était en phase d’approche. Aucun décès ni blessé n’a été signalé, mais des dégâts matériels mineurs ont été constatés, notamment des vitres endommagées.
Le gouverneur de la province de la Tshopo a attribué l’attaque à l’AFC/M23, toujours selon Actualite.cd. Le mouvement rebelle n’a pas revendiqué publiquement l’opération du 1er mars.
Une infrastructure civile utilisée à des fins militaires
L’aéroport de Kisangani-Bangboka est exploité par la Régie des voies aériennes (RVA), établissement public chargé de la gestion des aéroports en République démocratique du Congo. Il accueille des vols commerciaux, mais sert également de plateforme logistique pour les Forces armées de la RDC (FARDC).
Les autorités provinciales indiquent que cette infrastructure permet l’acheminement de troupes, d’équipements et de ravitaillement vers les zones de combats situées dans l’est du pays, notamment au Nord-Kivu et en Ituri, selon Actualite.cd. Ce rôle explique qu’il fasse l’objet de mesures de sécurité renforcées depuis plusieurs semaines.
Dans un communiqué antérieur rapporté par Actualite.cd le 5 février 2026, l’AFC/M23 affirmait avoir ciblé « le centre de commandement des drones à l’aéroport de Kisangani ».
Le porte-parole du gouvernement provincial, Senold Tandia Akomboyo, avait également déclaré sur Radio Okapi que des drones avaient été « détectés, interceptés et neutralisés avant d’atteindre leur cible » lors d’attaques précédentes contre le même site.
Perturber la chaîne d’approvisionnement des FARDC
La localisation de Kisangani, à plusieurs centaines de kilomètres des principales lignes de front autour de Goma, confère à son aéroport un rôle central dans le transport aérien militaire. Les axes routiers vers l’est du pays restent difficiles et exposés, ce qui renforce la dépendance de l’armée congolaise au transport par avion.
En visant cette infrastructure, l’objectif pourrait être de ralentir les rotations militaires et de compliquer l’acheminement de renforts et de matériel. Les autorités congolaises estiment que ces attaques cherchent à affaiblir les capacités opérationnelles des FARDC sans confrontation directe sur le terrain.
Radio Okapi rapporte que les quatre drones interceptés ce dimanche ont été abattus dans le périmètre sécurisé de l’aéroport. La nature exacte des engins n’a pas été détaillée officiellement et des analyses techniques sont en cours afin d’en déterminer l’origine.
Une guerre relancée depuis 2022
Le M23 dont le porte-parole a été tué dans une frappe de drone, réapparu militairement fin 2021 après plusieurs années d’inactivité relative, a intensifié ses offensives à partir de 2022 dans l’est de la RDC. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir le mouvement, ce que Kigali dément régulièrement.
Depuis, les combats ont provoqué des déplacements massifs de populations autour de Goma et dans le territoire de Rutshuru, selon les données des Nations unies. Le gouvernement congolais a renforcé ses opérations militaires et multiplié les partenariats sécuritaires avec des forces régionales déployées dans des mécanismes africains.
L’armée congolaise a annoncé le renforcement de la surveillance aérienne autour de plusieurs sites sensibles, dont les aéroports civils utilisés à des fins militaires. Les autorités provinciales de la Tshopo ont indiqué que les activités à l’aéroport de Kisangani-Bangboka se poursuivaient normalement ce lundi 2 mars 2026, avec un dispositif de sécurité maintenu dans les prochains jours.
