Bénin : Le militant LD Julien Kandé Kansou risque deux ans de prison

Le procès de Julien Kandé Kansou, membre de la cellule de communication du parti Les Démocrates (LD), s’est poursuivi ce mardi 17 mars 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à Cotonou. Selon Bip Radio, le ministère public a requis à son encontre deux ans de prison ferme et une amende de 10 millions de FCFA pour des faits de harcèlement par voie électronique et d’incitation à la rébellion.

Poursuivi dans ce dossier, le prévenu conteste les accusations depuis l’ouverture des débats. Lors des audiences antérieures, il a plaidé non coupable, position qu’il maintient à ce stade de la procédure. À l’ouverture de l’audience, le parquet a demandé à la juridiction de retenir Julien Kandé Kansou dans les liens de la prévention pour l’ensemble des faits poursuivis. Selon le ministère public, les éléments du dossier établiraient que le mis en cause a diffusé des contenus critiques à l’égard d’un membre du gouvernement, à la suite d’une proposition portant sur l’instauration de taxes sur la connexion Internet.

Le parquet considère que ces prises de position dépasseraient le cadre de la critique politique et relèveraient d’infractions prévues par la législation en vigueur, notamment en matière d’utilisation des systèmes électroniques et de trouble à l’ordre public. La défense, assurée par Me Barnabé Gbago et Me Augustin Aballo, a sollicité la relaxe pure et simple. Les avocats ont soutenu que leur client a exercé son droit à la critique dans un cadre légal. Ils ont invoqué les dispositions régissant le statut de l’opposition au Bénin, qui reconnaissent aux acteurs politiques la possibilité de commenter et de contester les actions gouvernementales.

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Le prévenu évoque sa détention

Prenant la parole devant la Cour, Julien Kandé Kansou a rappelé la durée de sa détention provisoire, estimée à neuf mois. Il a évoqué les conséquences personnelles de cette situation, notamment son éloignement de sa famille. « J’ai déjà passé neuf mois en détention et ma famille me manque », a-t-il déclaré à la barre. Selon le Code de procédure pénale béninois, la détention provisoire peut être ordonnée et prolongée sous le contrôle du juge dans certaines affaires pénales, en particulier lorsque les faits poursuivis sont considérés comme graves ou susceptibles de troubler l’ordre public.

Une affaire liée à l’expression politique en ligne

Le dossier examiné par la CRIET s’inscrit dans une série de procédures impliquant des publications sur les réseaux sociaux ou via des canaux numériques. Les faits reprochés à Julien Kandé Kansou portent sur des contenus diffusés en ligne, ce qui les place dans le champ des infractions liées à l’usage des technologies de communication.

Au Bénin, la loi n°2017-20 portant code du numérique encadre l’utilisation des services en ligne et prévoit des sanctions en cas de harcèlement ou de diffusion de contenus jugés contraires à l’ordre public. Les juridictions spécialisées, dont la CRIET, sont régulièrement saisies de dossiers impliquant ces dispositions.

Dans ce dossier précis, l’enjeu porte sur la qualification juridique des propos tenus et sur la frontière entre liberté d’expression politique et infraction pénale. La défense insiste sur le caractère politique des déclarations, tandis que l’accusation retient une interprétation pénale des faits.

À l’issue des plaidoiries et des réquisitions, la Cour a mis l’affaire en délibéré. Le jugement est attendu pour le 28 avril 2026. La décision à venir devra trancher sur la culpabilité du prévenu et, le cas échéant, sur l’application des peines requises par le ministère public.

1 réflexion au sujet de “Bénin : Le militant LD Julien Kandé Kansou risque deux ans de prison”

  1. Ces gens-là magistrats de ce tribunal d’exception ont-ils le sommeil léger après des requitions fantaisistes ???
    Je crois que non. Vivement des stages de mises à nouveau dans des écoles de magistratures en France Metropolitaines.
    Des requitions disproportionnées par rapport aux faits reprochés.
    Pire ; des qualifications hasardeuses sans aucuns fondements de droit.
    Ce n’est pas l’idée que nous nous faisons de la justice quand nous étions les disciples de Robert Dossou, Wouensou Vicencia et Théodore Holo avant Panthéon-Assas à Paris.
    Cherchez l’erreur

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