Le Trésor béninois a mobilisé 33 milliards de francs CFA lors d’une adjudication de bons du Trésor le 19 mars 2026, dépassant largement son objectif de départ de 30 milliards. L’opération s’est déroulée sur le marché financier régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), qui permet aux gouvernements membres de financer leurs besoins de trésorerie à court et moyen terme par l’émission de valeurs mobilières.
Les pays de l’UEMOA recourent régulièrement à ce marché régional pour couvrir les déficits de trésorerie temporaires ou financer des dépenses sans emprunts bancaires directs. Le Bénin, comme ses partenaires du bloc monétaire ouest-africain, accède à des investisseurs de la zone — institutions financières, fonds d’investissement et entreprises — qui achètent ces titres à court terme. Ce mécanisme respecte les critères de convergence imposés par l’union, qui limitent le recours au financement intérieur pour préserver la stabilité monétaire régionale.
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L’appétit des investisseurs a excédé les attentes. Le Trésor béninois a reçu des soumissions cumulées s’élevant à 211,847 milliards de FCFA, produisant un taux de couverture supérieur à 706 %, selon le compte-rendu de l’opération. Les demandes proviennent principalement d’investisseurs basés en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Sénégal et au Mali, reflétant l’intégration croissante des marchés de capitaux régionaux.
Face à ce flux de demandes, les autorités béninoises ont appliqué un taux d’absorption global d’environ 15,6 %, limitant volontairement le montant levé pour éviter une injection monétaire excessive. Elles ont retenu 13 milliards de FCFA sur le compartiment à 91 jours et 20 milliards sur celui à 182 jours.
Rendements stables dans un environnement régional contraint
Le marché a fixé les rendements moyens pondérés à 4,61 % pour les bons à trois mois et 4,83 % pour ceux à six mois, avec des taux marginaux de 4,7499 % et 4,8000 %. Ces niveaux reflètent les conditions de liquidité et les attentes des investisseurs régionaux.
Treize investisseurs ont soumis des offres sur le compartiment à court terme, tandis que vingt ont participé au segment à moyen terme. Cette fragmentation de la demande montre la diversification progressive des portefeuilles au sein de l’espace Uemoa, où les rendements sont plafonnés par les critères de convergence et les directives monétaires de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.