Le Tribunal de première instance d’Abomey-Calavi a condamné, mercredi 4 mars 2026, une domestique et un démarcheur à douze mois d’emprisonnement dont six mois ferme pour des faits de vol de pagnes. Selon les informations rapportées par le média Libre Express, les deux prévenus étaient jugés pour avoir organisé la soustraction de pagnes appartenant à l’employeuse de la domestique.
Les faits ont été examinés lors d’une audience tenue au tribunal d’Abomey-Calavi en présence des deux mis en cause et de la plaignante. L’affaire a porté sur un système de détournement de pagnes mis en place depuis le domicile de la patronne.
Un vol organisé depuis le domicile de la patronne
D’après le récit de l’envoyé spécial de Libre Express au tribunal, la domestique aurait retiré plusieurs pagnes appartenant à son employeuse avant de les transmettre à un tiers chargé de les récupérer. Les colis auraient été acheminés vers le démarcheur à l’aide d’un taxi-moto.
À la barre, la domestique a reconnu les faits qui lui sont reprochés et a sollicité l’indulgence de la juridiction. Elle a toutefois affirmé avoir agi sur instruction du démarcheur, présenté comme le destinataire final des pagnes.
Le second prévenu a confirmé avoir reçu le colis mais a soutenu qu’il ignorait l’origine frauduleuse des pagnes. Cette version a été contestée par la domestique, qui a maintenu que l’opération avait été organisée à l’initiative de son complice.
Le dossier a également révélé que la plaignante, employeuse de la domestique, était présente à l’audience. Elle n’a toutefois pas engagé de procédure civile contre les prévenus et n’a pas demandé de réparation financière dans le cadre du procès pénal.
Les réquisitions du ministère public
Au cours de l’audience, le ministère public a présenté ses réquisitions après l’examen des faits et les déclarations des prévenus. La représentante du parquet a demandé au tribunal de constater que la plaignante ne s’était pas constituée partie civile dans la procédure.
Sur le plan pénal, le parquet a estimé que les éléments du dossier justifiaient une sanction plus sévère. Il a requis une peine de douze mois de prison ferme contre chacun des prévenus, assortie d’une amende de 50 000 francs CFA. Ces réquisitions visaient à sanctionner le vol de biens appartenant à un employeur, un type d’infraction régulièrement jugé devant les juridictions pénales lorsqu’un salarié détourne des biens placés sous sa responsabilité.
Une peine partiellement assortie de sursis
Après avoir entendu les déclarations des prévenus, les arguments des parties et les réquisitions du ministère public, le tribunal a rendu sa décision le même jour. La juridiction n’a pas suivi entièrement les réquisitions du parquet. Elle a prononcé une peine de douze mois d’emprisonnement dont six mois ferme à l’encontre de la domestique et du démarcheur.
Les deux condamnés devront également payer une amende de 50 000 francs CFA chacun. La décision maintient donc une partie de la peine sous forme de sursis, ce qui signifie que seule la moitié de la condamnation est immédiatement applicable.
Dans le droit pénal béninois, le sursis suspend l’exécution d’une partie de la peine d’emprisonnement, sauf en cas de nouvelle condamnation pendant la période fixée par la juridiction. Cette mesure permet aux juges d’adapter la sanction à la gravité des faits et au profil des prévenus.

