BRICS : pas d’obligation d’assistance militaire en cas d’attaque des membres, selon Peskov

Le porte‑parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé lundi que l’adhésion d’un pays au groupe des BRICS ne crée aucune obligation d’assistance militaire si un membre faisait l’objet d’une attaque armée, soulignant ainsi les limites de ce cadre de coopération face aux récents événements impliquant l’Iran, membre du bloc.

L’annonce intervient alors que l’Iran, devenue membre des BRICS depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, est engagé dans un affrontement militaire avec les États‑Unis et Israël, après des frappes coordonnées contre des installations iraniennes fin février 2026, suivies de ripostes de Téhéran contre des bases américaines au Moyen‑Orient.

Peskov a déclaré à l’agence de presse russe Sputnik que « la participation aux BRICS n’implique pas d’obligation d’assistance mutuelle en cas d’agression armée », insistant sur le fait que cette association porte principalement sur des coopérations économiques, financières et politiques plutôt que sur des engagements de défense collective.

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Moscou réaffirme son rôle diplomatique

Le Kremlin a également indiqué que la Russie reste attachée à un règlement politique et diplomatique des crises, malgré les tensions croissantes en Iran. Peskov a précisé que Moscou demeure en contact constant avec les dirigeants iraniens pour discuter de la situation régionale, tout en poursuivant un dialogue avec d’autres pays affectés par le conflit.

Le groupe, qui comprend désormais outre l’Iran : la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Éthiopie, les Émirats arabes unis et l’Indonésie, a déjà été appelé à s’exprimer collectivement sur la crise. En juin  2025, les pays du bloc avaient publié une déclaration commune condamnant les frappes contre l’Iran et appelant au dialogue, sans pour autant engager des mécanismes de défense collective.

Iran dans la tourmente et implications régionales

L’Iran fait face à une escalade de violence depuis que des opérations aériennes menées par Israël, avec le soutien des États‑Unis, ont visé ses installations nucléaires en juin 2025. Ces frappes avaient engendré une série de ripostes de Téhéran et une crise régionale intense qui avait duré près de deux semaines, aboutissant à un cessez‑le‑feu officiel fin juin 2025.

Plus récemment, début mars 2026, de nouvelles opérations militaires américaines contre des centres de commandement et des infrastructures iraniennes ont contribué à la dynamique conflictuelle actuelle. Depuis, les tensions se sont accrues, avec notamment la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei, événement que la Russie a qualifié de « cynique » et qui a intensifié les discussions diplomatiques entre Moscou et d’autres capitales étrangères.

La position exprimée par Peskov indique que, même si certains membres des BRICS appellent à la retenue et à la désescalade, le cadre institutionnel du groupe ne s’apparente pas à une alliance de défense comparable à l’OTAN et ne lie pas ses membres à des obligations militaires réciproques.

Calendrier diplomatique attendu

La Russie, membre influent des BRICS, a indiqué que le président Vladimir Poutine s’entretiendrait avec des responsables internationaux au sujet de la crise iranienne, renforçant l’effort diplomatique face à la situation.

Le conflit entre les USA et l’Iran a déjà causé des pertes humaines, perturbé le trafic pétrolier mondial au détroit d’Hormuz et amplifié les tensions géopolitiques dans le Golfe, sans perspective immédiate d’arrêt des hostilités. La réaction collective des BRICS à l’évolution du conflit, entre consultations politiques et appels au dialogue, devrait être suivie dans les prochains sommets du groupe et au travers d’initiatives de médiation.

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