La décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) dans le litige opposant la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) au Syndicat national des footballeurs du Cameroun (Synafoc) continue de provoquer des réactions au Cameroun. L’instance basée à Lausanne a confirmé le 9 mars 2026, la position de la fédération dirigée par Samuel Eto’o dans le dossier relatif au retrait du mandat du syndicat. Cette décision relance les tensions entre la fédération et l’organisation syndicale, qui dénonce ce 16 mars 2026, une absence de pluralisme dans la gouvernance du football camerounais.
Le TAS confirme l’autorité de la Fecafoot sur le Synafoc
Le tribunal arbitral a tranché en faveur de la fédération dans le différend qui l’opposait au syndicat, confirmant notamment le retrait du mandat du Synafoc, dirigé par l’ancien international Geremi Njitap. Cette validation juridique consolide le contrôle de la Fecafoot sur les structures du football professionnel camerounais, une autorité que la fédération exerce sans contrepoids organisé depuis la résolution.
Les accusations de monopole contre Eto’o
Jacques Marcel Itiga, responsable de la communication du Synafoc, a exprimé son mécontentement envers la décision du TAS lors d’une intervention médiatique. Selon lui, le vrai problème ne réside pas dans le fonctionnement du syndicat, mais dans la volonté de Samuel Eto’o d’écarter toute concurrence : « Tout le monde doit lui faire allégeance », a-t-il déclaré, pointant du doigt une concentration du pouvoir entre les mains d’une seule personnalité.
Ces tensions font suite au premier mandat d’Eto’o, caractérisé par des affrontements avec le ministère des Sports, plusieurs batailles judiciaires et des controverses sur le plan éthique. Le dirigeant a dû défendre sa légitimité et ses décisions devant diverses juridictions et organisations.
L’état dégradé du football camerounais en question
Le Synafoc met également l’accent sur les retombées pratiques de cette gouvernance concentrée. Selon Itiga, les conditions de vie des joueurs se sont « totalement dégradées » depuis cinq ans, contrastant avec la situation d’une décennie auparavant. Aucun accès à des ressources décentes, des structures défaillantes et une absence de perspective constituent, selon le syndicat, la réalité quotidienne des athlètes camerounais.
La réélection de Samuel Eto’o pour un second mandat en novembre 2025 avait déjà révélé l’existence de deux visions antagonistes du leadership fédéral. Cette nouvelle décision du TAS en sa faveur intensifie les frictions, tandis que le Synafoc demeure dépourvu de statut légal pour négocier les conditions des joueurs à l’échelle nationale. La Fecafoot et Samuel Eto’o n’ont pas commenté ces déclarations à ce stade.

