Le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a homologué le 17 mars 2026 le score de 3-0 en faveur du Maroc, invalidant la victoire 1-0 du Sénégal lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Une décision sur tapis vert qui déclenche une tempête planétaire et place durablement le football marocain sous le signe du soupçon.
Une finale déjà entachée avant le coup de sifflet final
Le 18 janvier 2026, au terme d’un match tendu soldé sur le score de 0-0 dans le temps réglementaire, l’arbitre accorde un pénalty au Maroc dans les ultimes secondes. Les joueurs sénégalais quittent le terrain pendant une vingtaine de minutes pour contester la décision. À leur retour, Brahim Diaz rate sa tentative à la Panenka, et Pape Gueye offre finalement la victoire au Sénégal en prolongation sur le score de 1-0.
Mais la soirée avait déjà produit un autre épisode qui circulait en boucle sur les réseaux sociaux bien avant le coup de sifflet final : la guerre des serviettes. Des ramasseurs de balle particulièrement agressifs tentaient à répétition de subtiliser la serviette du gardien Édouard Mendy, obligeant le gardien remplaçant Yehvann Diouf à jouer les gardes du corps improvisés devant le but. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent Achraf Hakimi projeter la serviette au-delà des panneaux publicitaires, tandis qu’Ismaël Saibari tentait d’empêcher Diouf de la remettre à Mendy. Le même scénario s’était produit en demi-finale contre le Nigeria, ciblant cette fois le gardien Stanley Nwabali.
Une semaine seulement après la finale, l’épisode refaisait déjà parler de lui lors d’un match de Coupe de la CAF entre le Wydad Casablanca et Maniema Union, où des agents du stade Mohammed V ont tenté de s’emparer des serviettes de l’équipe congolaise. La répétition de l’incident a transformé ce qui aurait pu rester un fait divers en marqueur d’image durable pour le football marocain.
La réponse de la CAF a achevé de nourrir l’indignation. Olivier Safari, président de la commission des arbitres de la CAF, a déclaré au micro de Canal+ Afrique que la serviette n’est pas un équipement réglementaire d’un gardien, et que son usage devrait se faire « de manière très sportive et avec plus de fair-play ». Une sortie jugée absurde par une grande partie de la presse sportive mondiale, qui y a vu une tentative de couvrir les comportements dénoncés.
Un tollé planétaire sans précédent
La décision du 17 mars a amplifié ce malaise en lui donnant une dimension institutionnelle. Les réactions ont traversé les frontières africaines à une vitesse rare pour une affaire de football continental. L’ancien sélectionneur français Claude Le Roy a jugé la décision scandaleuse, questionnant publiquement la capacité de la CAF à améliorer l’image du football africain. L’ex-capitaine de Manchester United Wayne Rooney a déclaré que si les rôles étaient inversés, aucun joueur marocain ne pourrait accepter un tel titre. Le consultant de Sky Sports Jamie Carragher a estimé qu’une telle situation ne pourrait jamais survenir en finale de Ligue des champions ou d’Euro.
Sur le continent, la légende nigériane Asisat Oshoala a posté sur X que le Maroc n’est champion d’Afrique que dans le livre de la CAF. Le président de la Fédération camerounaise Samuel Eto’o a interrogé plusieurs homologues africains sur les moyens de restaurer la crédibilité de l’institution.
Une réputation écornée pour les prochaines CAN
Au-delà de la polémique immédiate, c’est l’image du Maroc sur la scène continentale qui pourrait en pâtir durablement. Si le TAS venait à confirmer la décision de la CAF, les Lions de l’Atlas se présenteraient aux prochaines éditions de la CAN avec un titre que la majorité du continent leur conteste. Dans les stades africains, où les tribunes n’ont jamais manqué d’exprimer leur désaccord avec fracas, l’équipe marocaine pourrait se retrouver accueillie par des sifflets et des moqueries, quel que soit le pays hôte. L’épisode de la serviette, déjà largement moqué sur les réseaux sociaux bien au-delà des frontières africaines, aurait alors achevé de construire une image que les victoires sportives seules ne suffiraient pas à effacer. Le Maroc, candidat déclaré à l’organisation de la Coupe du monde 2030 sur son sol, pourrait ainsi aborder cette échéance mondiale avec un passif continental particulièrement encombrant.
Un titre contesté, une réforme qui n’attend plus
Si le Tribunal arbitral du sport (TAS), saisi par la Fédération sénégalaise, confirme la décision de la CAF dans les semaines à venir, le Maroc héritera officiellement d’un titre que le continent entier lui conteste. La CAF a par ailleurs annulé l’amende infligée à Saibari pour l’affaire de la serviette, réduisant simultanément à 50 000 dollars celle sanctionnant la Fédération Royale Marocaine de Football pour le comportement des ramasseurs de balles. Des décisions qui, cumulées, renforcent le sentiment d’un traitement à géométrie variable.
Cette séquence expose l’échec de gouvernance du président de la CAF Patrice Motsepe, en poste depuis 2021. Le précédent de 2019 — où l’Espérance Sportive de Tunis avait été déclarée lauréate de la Ligue des champions africaine après le retrait du Wydad Casablanca en finale — n’avait conduit à aucune révision réglementaire. Cinq ans plus tard, la même logique s’applique en finale de la compétition phare du continent, avec un écho mondial que Motsepe ne pourra pas effacer par communiqué.
Le Sénégal dispose d’un délai de dix jours pour déposer son recours devant le TAS, dont la décision sera définitive et contraignante pour la CAF.


Vive le Maroc ! Stop la sauvagerie !!!