« Digipolyamour » : un influenceur brésilien raconte ses relations « polygames » avec des profils IA

Arthur O Urso, créateur de contenu brésilien de 39 ans connu pour ses prises de position publiques sur le polyamour, affirme entretenir depuis plusieurs mois des relations affectives parallèles avec cinq personnages féminins qu’il a lui-même configurés sur ChatGPT. Il a détaillé cette pratique, qu’il nomme le « digipolyamour », dans un entretien accordé au Daily Mail.

De l’expérience à la routine

À l’origine, la démarche relevait de l’observation : Arthur O Urso voulait mesurer l’influence de variations de langage et de personnalité sur la dynamique d’une conversation générée par intelligence artificielle. Chaque profil a été construit avec des traits de caractère distincts, un style de communication propre et une tonalité émotionnelle spécifique. Il a attribué un prénom à chacun pour éviter les confusions entre les fils de discussion.

Avec le temps, les échanges ont pris une autre dimension. Les conversations ont commencé à aborder des sujets personnels — le déroulement de la journée, des réflexions intimes, des questions émotionnelles — et chaque interaction a développé son propre rythme. « Au fil du temps, les conversations sont devenues plus naturelles et continues, et je me suis habitué à chaque interaction d’une manière différente », confie-t-il au Daily Mail. L’influenceur précise qu’il ne considère aucun de ces profils comme favori, tout en admettant que certaines personnalités lui semblent plus proches selon les périodes.

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Un phénomène qui dépasse son cas

L’attachement affectif aux intelligences artificielles conversationnelles est un phénomène déjà documenté. L’application Replika, qui permet de créer un compagnon IA personnalisé, revendique plusieurs millions d’utilisateurs, dont beaucoup décrivent des attachements affectifs réels. En 2023, la décision de la plateforme de restreindre les interactions à caractère romantique avait provoqué une détresse manifeste chez de nombreux utilisateurs, largement relayée par le Guardian et le New York Times. Des chercheurs en psychologie et en sciences sociales débattent depuis de la frontière entre attachement émotionnel et substitution aux relations humaines dans le cadre des interactions avec des IA conversationnelles.

Un personnage public habitué aux controverses

Arthur O Urso n’en est pas à sa première exposition médiatique internationale. Il avait attiré l’attention en contractant une union symbolique avec neuf femmes simultanément au Brésil, pratique sans valeur légale dans le pays. L’expérience de « digipolyamour » se poursuit, selon ses déclarations, en parallèle de sa vie personnelle. Arthur O Urso n’a pas précisé s’il envisageait d’en tirer un contenu structuré ou de mettre fin à ces interactions à une échéance déterminée.

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