Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a publiquement réagi, ce dimanche 1er mars 2026, aux frappes militaires conjointes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, accusant Washington d’avoir agi en violation de la Charte des Nations Unies. Sa prise de position intervient au lendemain de l’annonce par les médias d’État iraniens de la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans des frappes israéliennes conduites avec le soutien américain.
L’opération, lancée dans la nuit du 28 février au 1er mars 2026, a été baptisée « Operation Epic Fury » du côté américain et « Operation Roaring Lion » du côté israélien. Selon le Pentagone, les frappes ont ciblé des infrastructures militaires, des sites missiliers et des installations de commandement dans plusieurs villes iraniennes, dont Téhéran, Ispahan et Tabriz. L’Iran a riposté en tirant missiles et drones sur des bases américaines installées dans plusieurs pays du Golfe — Qatar, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis — ainsi que sur le territoire israélien. Trois soldats américains ont été tués, selon le Commandement central américain (Centcom).
« Assassiner des dirigeants — il faut le dire tel quel »
C’est lors de la première édition de son émission en ligne « Waxtaan ak PROS », un format d’échanges avec les militants de son parti Pastef diffusé en direct sur ses réseaux sociaux, que Sonko a livré son analyse. Le chef du gouvernement sénégalais a dénoncé une rupture de l’ordre international : « Un pays, sans résolution ni mandat des Nations Unies, peut décider de frapper d’autres pays, d’assassiner leurs dirigeants — il faut le dire tel quel. Ceci est extrêmement grave et tout l’équilibre du monde qui a été construit sur ces 50 dernières années s’en trouve compromis. »
Il a estimé que le conflit ne resterait pas circonscrit à la région du Golfe, avertissant qu’une chaîne de réactions pourrait impliquer d’autres acteurs régionaux et internationaux. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a condamné les frappes lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité convoquée le 1er mars, mettant en garde contre un risque d’escalade que « personne ne peut contrôler ». Le sénateur démocrate américain Tim Kaine a qualifié l’opération d’« illégale », dénonçant l’absence de déclaration de guerre formelle par le Congrès.
Une opération planifiée, une riposte en cours
Selon un haut responsable israélien cité par l’agence Reuters, les frappes conjointes avaient été planifiées plusieurs semaines à l’avance. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a revendiqué l’objectif de « supprimer la menace existentielle » que représenterait le régime iranien, tandis que le président américain Donald Trump a annoncé que l’opération visait à « défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes ». L’Union européenne a appelé à une « retenue maximale » et au plein respect du droit international, pendant que la France convoquait un Conseil de défense et de sécurité nationale le 1er mars, selon un communiqué de l’Élysée.
À Washington, le Congrès doit examiner cette semaine une résolution invoquant le War Powers Act pour tenter de mettre fin aux opérations militaires. À Téhéran, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, a annoncé la formation d’un conseil de gouvernance provisoire chargé d’assumer les fonctions de guide suprême dans l’attente de la désignation d’un successeur à Khamenei.

