Gims, de son vrai nom Gandhi Djuna, a été mis en examen ce vendredi 27 mars pour « blanchiment aggravé » et « blanchiment en bande organisée de biens ou fonds provenant d’un délit de fraude fiscale aggravée », deux jours après son interpellation à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Le chanteur franco-congolais de 39 ans a été remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire à l’issue de sa présentation devant un juge d’instruction parisien.
Du sommet des charts au tribunal
Ancien membre du groupe Sexion d’Assaut, Gims s’est imposé comme l’un des artistes les plus écoutés de la francophonie avec des titres comme Sapés comme jamais, Bella ou Spider. Plus gros vendeur de disques en France en 2025, il a été sacré meilleur artiste masculin aux 40e Victoires de la musique la même année. Une tournée de plusieurs dizaines de dates était prévue jusqu’en juin 2027, avec une première échéance le 18 avril à Liévin.
Son interpellation mercredi à sa descente d’avion par le service national des douanes judiciaires a ouvert une garde à vue prolongée de 48 heures, au terme de laquelle il a été déféré devant un magistrat instructeur. Deux collaborateurs professionnels de Gims ont également été mis en examen dans le même dossier, selon le Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), qui a confirmé l’affaire dans un communiqué.
Les projets immobiliers au Maroc dans le viseur des juges
Les enquêteurs, qui travaillent sur ce dossier depuis juin 2023, s’intéressent à un réseau structuré autour de sociétés constituées dans plusieurs pays pour contourner la TVA, émettre de fausses factures et dissimuler l’origine de fonds illicites, selon Africa Intelligence, qui a révélé l’affaire. L’information judiciaire, confiée à trois juges d’instruction spécialisés du tribunal judiciaire de Paris, a déjà conduit à la mise en examen de 15 individus, dont cinq sont actuellement détenus.
Les enquêteurs concentreraient une partie de leur attention sur deux programmes immobiliers de standing promus par Gims au Maroc, où il réside en partie. Le premier, Sunset Village Private Residences à Marrakech — 118 villas avec terrains de sport, spa et lagon de 3 000 m² — avait été lancé en 2025. Le second, The Valley, cinquante villas développées avec le promoteur Horizon Morocco, avait été présenté en janvier 2026.
Le contrôle judiciaire auquel Gims est soumis lui impose d’informer la justice de ses déplacements, de verser un cautionnement dont le montant n’a pas été précisé, et d’éviter tout contact avec les autres protagonistes du dossier. Son avocat, Me David-Olivier Kaminski, ne s’est pas exprimé publiquement. Gims bénéficie de la présomption d’innocence.



