La Russie se dit prête à rediriger une partie de son pétrole vers l’Inde afin de pallier d’éventuelles perturbations d’approvisionnement en provenance du Moyen-Orient. Selon l’agence de presse Reuters, près de 9,5 millions de barils de brut russe se trouvent actuellement à bord de navires proches des eaux indiennes et pourraient être livrés dans les prochaines semaines.
Ces cargaisons pourraient offrir une solution rapide aux raffineries indiennes alors que la guerre déclenchée contre l’Iran fait peser des incertitudes sur les flux énergétiques du Golfe. D’après une source industrielle citée par Reuters, ces volumes transportés par des navires appartenant à des flottes non russes pourraient être redirigés vers l’Inde si les besoins se confirment.
Des cargaisons déjà positionnées en mer
Les barils évoqués se trouvent déjà en mer, ce qui pourrait accélérer leur acheminement vers les raffineries indiennes. La source industrielle interrogée par Reuters indique que ces cargaisons pourraient atteindre l’Inde « en quelques semaines », offrant un répit rapide aux opérateurs locaux confrontés à des risques de rupture d’approvisionnement. La destination initiale de ces navires n’a pas été précisée. La même source explique toutefois que leur redirection vers l’Inde reste possible en fonction de l’évolution de la situation énergétique régionale et des besoins des raffineries.
Le pays d’Asie du Sud figure aujourd’hui parmi les principaux acheteurs de brut russe. Depuis les sanctions occidentales visant les exportations de Moscou après l’invasion de l’Ukraine en 2022, la Russie a réorienté une grande partie de ses ventes vers l’Asie, notamment vers l’Inde et la Chine.
Des stocks indiens limités face aux incertitudes
Les autorités indiennes surveillent de près l’évolution du marché énergétique. D’après Reuters, les réserves stratégiques et commerciales du pays couvrent environ 25 jours de consommation de pétrole brut. Les raffineries disposent également de stocks restreints de produits pétroliers, notamment de diesel, d’essence et de gaz de pétrole liquéfié. Cette marge limitée rend l’Inde sensible à toute perturbation prolongée des importations.
Une source gouvernementale indienne citée par Reuters indique que les autorités cherchent déjà des solutions alternatives afin d’anticiper une possible prolongation du conflit régional. Selon cette source, New Delhi se prépare à un scénario où les tensions au Moyen-Orient pourraient durer plus de dix à quinze jours, avec des conséquences sur l’approvisionnement énergétique.
La guerre en Iran fait craindre des tensions sur les routes pétrolières
Les inquiétudes des marchés se concentrent notamment sur les routes maritimes reliant les pays du Golfe aux grands importateurs asiatiques. La région concentre une part importante de la production mondiale de pétrole. Une grande partie des exportations de brut du Moyen-Orient transite par le détroit d’Ormuz, passage maritime situé entre l’Iran et Oman. Selon les données de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), environ 20 % du pétrole mondial y circule chaque jour.
Les tensions militaires autour de l’Iran alimentent donc les craintes d’un blocage ou d’une perturbation de ce corridor stratégique. Une telle situation aurait des répercussions immédiates sur les marchés énergétiques et sur les importateurs asiatiques dépendants du pétrole du Golfe. Dans ce contexte, la capacité de la Russie à rediriger rapidement des cargaisons déjà en mer pourrait constituer une solution temporaire pour certaines raffineries indiennes. Les prochains jours devraient permettre de mesurer l’ampleur réelle des perturbations sur les flux pétroliers du Moyen-Orient et les ajustements des grands acheteurs asiatiques.

