Guerre en Iran : « L'Afrique subit déjà l'impact du conflit » selon Ramaphosa

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré mercredi 4 février 2026 que les tensions au Moyen-Orient génèrent déjà des perturbations économiques directes pour le continent africain, notamment par le biais de chaînes d’approvisionnement fragilisées et de prix énergétiques en hausse. Ces déclarations ont été formulées lors de la conférence Africa Energy Indaba, qui se tient actuellement au Cap.

Une escalade sans précédent en Iran

Depuis le 28 février 2026, une séquence d’attaques militaires a marqué un tournant majeur au Moyen-Orient. Israël et les États-Unis ont mené des frappes coordonnées contre des installations militaires iraniennes, visant notamment des responsables du régime de Téhéran. En réaction, l’Iran a lancé une contre-offensive impliquant des drones et des missiles balistiques dirigés vers Israël et les bases militaires américaines dans la région.

Cette escalade, bien que géographiquement concentrée au Moyen-Orient, a des conséquences qui débordent largement de cette zone. Les routes commerciales vitales pour les approvisionnements mondiaux transitent par le Golfe persique et le Détroit d’Hormuz, points de passage stratégiques où transite entre 30 et 40 % du pétrole mondial.

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L’Afrique en première ligne des retombées économiques

Les dirigeants africains ont rapidement identifié les risques. Ramaphosa a pointé du doigt les leçons tirées de crises antérieures : « Comme nous l’avons vu avec la Russie-Ukraine et pendant la pandémie de COVID-19, les sables géopolitiques changeants soulignent les vulnérabilités des économies dépendantes des importations à travers l’Afrique. » Il poursuit : « L’Afrique subit déjà l’impact du conflit croissant au Moyen-Orient, avec des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et des prix de l’énergie plus élevés ».

Plusieurs pays africains importent massivement du pétrole et des produits alimentaires, ce qui les expose directement aux fluctuations des prix mondiaux provoquées par l’instabilité régionale. Les marges de manœuvre budgétaires limitées de nombreuses nations africaines réduisent leur capacité à amortir des hausses énergétiques durables. L’Égypte a appelé à une solution diplomatique, tandis que le Nigeria et l’Afrique du Sud ont demandé un cessez-le-feu immédiat.

La conférence Africa Energy Indaba, qui accueille les déclarations de Ramaphosa, intervient dans une période critique où les investissements énergétiques du continent sont déjà fragilisés par l’incertitude macroéconomique mondiale. La question des approvisionnements stables en énergie demeure centrale pour les stratégies de développement africaines des prochaines années.

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