Guerre en Iran : Trump accuse Biden face à la baisse des stocks de munitions

Le président américain Donald Trump a imputé lundi 2 mars à son prédécesseur Joe Biden la responsabilité d’un éventuel manque de munitions pour poursuivre les frappes contre l’Iran, au quatrième jour d’une offensive militaire conjointe avec Israël qui a déjà coûté la vie à plusieurs soldats américains et au guide suprême iranien Ali Khamenei.

Depuis le déclenchement de l’opération le 28 février 2026, baptisée « Epic Fury », les États-Unis et Israël multiplient les frappes sur des cibles militaires et gouvernementales en Iran. Khamenei a été tué lors des premières heures de l’offensive, selon des responsables américains et israéliens cités par plusieurs médias. Au moins six soldats américains ont été tués au Koweït par un missile iranien de représailles, et des dizaines d’autres blessés. Du côté israélien, des victimes civiles ont été enregistrées à la suite de tirs de missiles iraniens sur le territoire.

Trump renvoie la faute sur l’administration précédente

Sur sa plateforme Truth Social, Trump a mis en cause Barack Obama et Biden pour la situation avec l’Iran, affirmant que si l’accord nucléaire de 2015 (JCPOA) avait été maintenu, la République islamique aurait déjà disposé d’une arme nucléaire.

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Dans un post publié le 3 mars sur Truth Social, Trump a élargi sa mise en cause à la question des arsenaux militaires, en réaction à des rapports du Washington Post faisant état d’inquiétudes au sein de l’armée sur l’épuisement rapide des stocks. Il a affirmé que les munitions de niveau intermédiaire n’avaient « jamais été aussi élevées ou aussi bonnes », avant de s’en prendre directement à Biden : « Sleepy Joe Biden a passé tout son temps et l’argent de notre pays à TOUT donner à P.T. Barnum (Zelensky !) d’Ukraine — pour des centaines de milliards de dollars — et, pendant qu’il distribuait autant des équipements les plus avancés (GRATUITEMENT !), il n’a pas pris la peine de les remplacer. » Il a conclu : « Les États-Unis sont approvisionnés et prêts à GAGNER, MASSIVEMENT !!! »

Cette déclaration intervient alors que l’armée américaine reconnaît que l’opération sera longue et difficile. Le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, a averti lundi lors d’un point presse au Pentagone que les objectifs militaires « prendront du temps à atteindre » et que de nouvelles pertes américaines sont à prévoir.

La suspension des livraisons à l’Ukraine, présentée par Trump comme un choix stratégique délibéré, a des répercussions directes sur Kiev. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a reconnu lundi que la guerre en Iran, si elle se prolonge, affectera le volume de systèmes de défense aérienne disponibles pour l’Ukraine dans le cadre du programme PURL de l’OTAN. Les analystes du Center for a New American Security (CNAS) estimaient dès le 28 février que les États-Unis pourraient épuiser en une ou deux journées d’opérations une année de production de missiles intercepteurs THAAD — des munitions dont moins de 650 unités ont été produites depuis l’entrée en service du système, vers 2010.

Des objectifs militaires étendus, un conflit qui s’élargit

Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a précisé les trois axes de l’opération : détruire les capacités balistiques de l’Iran, neutraliser sa marine — dix navires auraient déjà été coulés selon le Pentagone — et empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire.

L’Iran a riposté en lançant des missiles sur Israël et sur les bases américaines dans six pays du Golfe : Bahreïn, Qatar, Koweït, Émirats arabes unis, Jordanie et Arabie saoudite. Le département d’État a enjoint aux ressortissants américains présents dans treize pays de la région de quitter immédiatement les lieux via les vols commerciaux encore disponibles, avant la fermeture quasi totale de l’espace aérien régional.

La Maison-Blanche a présenté le changement de régime à Téhéran comme l’objectif politique central de l’opération, bien que Trump n’ait pas sollicité l’autorisation du Congrès pour engager ces frappes. Des élus démocrates et quelques républicains au Sénat et à la Chambre ont annoncé leur intention de soumettre des résolutions au titre du War Powers Act dès la semaine prochaine.

Des justifications contestées par les experts

Plusieurs affirmations avancées par Trump pour justifier l’offensive sont remises en cause par des experts et des médias américains. Sur la capacité balistique iranienne, la Defense Intelligence Agency (DIA) avait estimé en mai 2025 que l’Iran ne serait pas en mesure de produire un missile intercontinental avant 2035. Trois responsables américains ayant accès aux renseignements sur le programme iranien ont indiqué au New York Times que Trump avait exagéré l’imminence de la menace. Le New York Times, CNN et Reuters ont publié des reportages convergents sur ce point.

Sur le dossier nucléaire, Trump avait affirmé en novembre 2025 que les frappes de l’opération « Midnight Hammer » avaient « anéanti » le programme nucléaire iranien à Fordow, Natanz et Ispahan. Un document de la Maison-Blanche datant de la même période indiquait pour sa part que ces frappes avaient « significativement dégradé » ce programme — une formulation sensiblement différente.

Le sénateur républicain Lindsey Graham a indiqué que l’administration reste en état d’alerte et « se prépare à de nouvelles frappes dans les jours qui viennent pour terminer le travail ». Le Congrès doit examiner les résolutions sur les pouvoirs de guerre à partir du 9 mars.

1 réflexion au sujet de « Guerre en Iran : Trump accuse Biden face à la baisse des stocks de munitions »

  1. C’est à croire que c’est Joe Biden qui est encore à la Maison blanche depuis plus d’un an.
    N’est-ce pas simpliste de rejeter toujours la faute de ses errements sur ses prédécesseurs ???
    Une illustration de la limite de la gouvernance de l’administration Trump.
    Cherchez l’erreur

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