Libération de Bazoum : le Niger refuse toute « injonction » de l'UE

Le Niger a officiellement protesté auprès de l’Union européenne après l’adoption, jeudi 12 mars 2026, d’une résolution du Parlement européen réclamant la libération immédiate de Mohamed Bazoum, renversé par un coup d’État militaire en juillet 2023 et détenu depuis dans une aile du palais présidentiel à Niamey rapporte Africanews. Le ministre des Affaires étrangères nigérien, Bakary Yaou Sangaré, a convoqué Nicoletta Avella, chargée d’affaires par intérim de la délégation de l’UE au Niger, pour lui remettre une lettre de protestation formelle.

Le texte adopté à Strasbourg l’a été à la quasi-unanimité — 524 voix pour, 2 contre et 29 abstentions —, porté par cinq groupes parlementaires dont le PPE. L’eurodéputé français Christophe Gomart (PPE), à l’initiative de la démarche, avait qualifié le texte de résolution « d’urgence ». Il condamne la répression visant des acteurs politiques, des journalistes et des membres de la société civile nigérienne depuis la prise de pouvoir par la junte. La résolution est non contraignante.

Niamey dénonce une atteinte à sa souveraineté

Dans la lettre remise à Mme Avella, le gouvernement nigérien qualifie la résolution d’ingérence dans ses affaires intérieures et dénonce une « attitude paternaliste et condescendante » de l’institution européenne précise Africanews. Les autorités affirment ne vouloir accepter aucune directive, quelle qu’en soit la source. Niamey considère la situation de Mohamed Bazoum comme une question de droit interne, relevant exclusivement de la justice nigérienne.

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Cette réaction s’inscrit dans une posture de rupture assumée avec les partenaires occidentaux traditionnels, engagée par la junte dès son arrivée au pouvoir. Le Niger a depuis mis fin à sa coopération militaire avec la France et les États-Unis, et s’est rapproché de la Russie.

Bazoum détenu depuis vingt mois, sans jugement

Mohamed Bazoum, élu président en 2021 lors de la première transition démocratiquedu Niger, est retenu avec son épouse depuis le 26 juillet 2023. Aucune procédure judiciaire formelle n’a été engagée à son encontre à ce jour, selon les informations disponibles. La Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avait ordonné dès août 2023 sa remise en liberté, sans effet. L’UE n’a pas encore répondu publiquement à la convocation de sa représentante à Niamey. Aucune échéance officielle n’a été fixée par les deux parties pour la suite des échanges diplomatiques.

1 réflexion au sujet de “Libération de Bazoum : le Niger refuse toute « injonction » de l'UE”

  1. Le Niger serait-il un territoire européen ?

    « Le Niger exige l’ouverture des frontières européennes à tous les Africains, sans exception, surtout ceux qui font face à la mort en Méditerranée et dans le désert 🏜 du Sahara « , voilà mon titre du jour.

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