La Commission de suivi du mécanisme de taxation des produits pétroliers du Mali a fixé de nouveaux prix plafonds à la pompe, applicables à compter du samedi 28 mars 2026 à minuit. Le communiqué, signé à Bamako le 27 mars par Diakaridia Dembélé, Président Directeur Général de l’Office malien des produits pétroliers (OMAP), acte une hausse significative sur l’ensemble des hydrocarbures.
Le supercarburant sans plomb passe à 875 F CFA le litre, contre 775 F CFA auparavant, soit une augmentation de 100 F CFA (+13%). Le gasoil grimpe à 940 F CFA, en hausse de 215 F CFA (+30%) par rapport au tarif précédent de 725 F CFA. Le Distillat Diesel Oil (DDO) suit la même trajectoire, également fixé à 940 F CFA le litre. Le fuel-oil 180 est quant à lui porté à 675 F CFA. Les prix du pétrole lampant et du Jet A1 restent libres. Le prix non subventionné du gaz butane demeure inchangé à 1 179 F CFA le kilogramme, soit 3 245 F CFA pour la bouteille de 2,75 kg et 7 075 F CFA pour celle de 6 kg.
Une répercussion directe sur les prix fournisseurs de mars 2026
La Commission fonde sa décision sur les prix fournisseurs du mois de mars 2026, dans un contexte de forte tension sur les marchés pétroliers internationaux liée au conflit au Moyen-Orient. Le Mali, pays enclavé sans raffinerie nationale opérationnelle, importe la totalité de ses produits pétroliers raffinés par voie terrestre, principalement depuis les ports d’Abidjan, de Dakar, de Lomé et de Conakry. Selon l’OMAP, la consommation quotidienne nationale est estimée à 3,5 millions de litres, dont près de 60% absorbés par le seul district de Bamako.
Le gasoil, nerf de l’économie locale
La hausse du gasoil — carburant des camions de marchandises, des transports publics et des groupes électrogènes — devrait peser directement sur les coûts logistiques. Lors d’épisodes antérieurs de perturbation d’approvisionnement, les frais de transport avaient doublé voire triplé selon des commerçants interrogés par l’agence Xinhua, entraînant une répercussion immédiate sur les denrées alimentaires de base dans les marchés de Bamako. Une hausse structurelle des tarifs officiels pourrait produire un effet similaire, sans nécessiter de rupture de stock.
Les nouveaux tarifs s’appliquent à l’ensemble du territoire malien à partir de ce 28 mars. Aucune mesure d’accompagnement n’a été annoncée par les autorités à ce stade.



