Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a déclaré le 27 mars 2026, dans un entretien accordé à l’agence d’État RIA Novosti, qu’un affrontement nucléaire entre l’Iran et Israël était devenu inévitable à la suite de l’opération militaire conjointe menée par Washington et Tel-Aviv contre Téhéran. Selon lui, les frappes n’ont pas éliminé la menace qu’elles visaient à neutraliser — elles l’auraient au contraire rapprochée.
« Quels que soient les discours américains sur l’élimination de la menace nucléaire au Moyen-Orient, un conflit nucléaire entre Israël et l’Iran est désormais, sous une forme ou une autre, inévitable », a déclaré Medvedev en réponse à une question de RIA Novosti.
Les frappes sur les sites nucléaires iraniens au cœur de l’analyse
L’opération militaire américano-israélienne lancée le 28 février 2026 — baptisée Operation Epic Fury du côté américain et Operation Roaring Lion du côté israélien — a notamment ciblé les installations nucléaires de Fordow, Natanz et Ispahan. Medvedev a estimé que ces frappes avaient produit l’effet inverse de celui recherché : l’enrichissement d’uranium se poursuivrait, et plusieurs pays seraient disposés à fournir directement des ogives à Téhéran. L’Irak, principal site d’enrichissement souterrain, n’aurait subi que des dégâts limités selon les premières évaluations disponibles.
Ces déclarations ne reflètent pas la position officielle de Moscou. Interpellé par le président américain Donald Trump sur ses propos relatifs à la fourniture d’ogives nucléaires à l’Iran, Medvedev a précisé dans un message publié sur X que la Russie n’avait « aucune intention » de procéder à un tel transfert, en tant que signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.
Une paix jugée impossible à court terme
Dans le même entretien, Medvedev a affirmé qu’une résolution pacifique du conflit au Moyen-Orient était exclue à court terme, les parties étant dans une posture « extrêmement antagoniste ». Il a également estimé que les États-Unis avaient convaincu les pays du Golfe que Washington ne défendait, dans ce conflit, que ses propres intérêts et ceux d’Israël.
Le président Trump a pour sa part annoncé une suspension de dix jours des frappes américaines sur les infrastructures énergétiques iraniennes, tout en déclarant que les États-Unis avaient « gagné » la guerre. Des négociations indirectes entre Washington et Téhéran seraient en cours, avec la Turquie et le Pakistan comme intermédiaires, selon le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan.



