La méningite a causé 259 000 morts et 2,54 millions de cas dans le monde en 2023, selon une vaste étude publiée le 27 mars 2026 dans The Lancet Neurology. Présentée comme la plus complète jamais réalisée sur cette maladie, elle évalue pour la première fois simultanément 17 pathogènes distincts. L’Afrique subsaharienne concentre les taux de mortalité et d’infection les plus élevés, avec le Nigeria, le Tchad et le Niger en tête des pays les plus touchés.
La maladie se manifeste par une fièvre élevée, des maux de tête intenses, une raideur de nuque, des vomissements et une intolérance à la lumière, selon l’OMS. Chez les nourrissons, les signes sont souvent moins typiques : irritabilité ou bombement de la fontanelle. La forme virale guérit le plus souvent spontanément. La forme bactérienne constitue une urgence médicale absolue : sans antibiotiques administrés rapidement par voie intraveineuse, elle peut entraîner le décès en moins de vingt-quatre heures, précise l’Institut Pasteur. Le diagnostic repose sur une ponction lombaire permettant d’identifier l’agent responsable. Parmi les survivants, une personne sur cinq conserve des séquelles durables — surdité, troubles cognitifs ou épilepsie.
La « ceinture africaine », épicentre d’un fardeau disproportionné
La zone géographique la plus exposée s’étend du Sénégal à l’Éthiopie, une bande connue sous le nom de « ceinture africaine de la méningite« . Les systèmes de santé insuffisants et la sous-déclaration des cas y masquent un bilan réel probablement supérieur aux 259 000 décès estimés, avertissent les auteurs de l’étude. Plus d’un tiers des victimes mondiales sont des enfants de moins de cinq ans, majoritairement localisés en Afrique subsaharienne.
Des progrès insuffisants face aux objectifs de l’OMS
Depuis 2000, les campagnes de vaccination ont permis de réduire significativement le nombre d’infections et de décès. En 2023, l’OMS a préqualifié le premier vaccin antiméningococcique conjugué pentavalent — le Men5CV — protégeant contre cinq sérogroupes, et recommandé son déploiement prioritaire dans les pays de la ceinture africaine. Malgré ces avancées, le rythme de réduction des cas reste deux fois inférieur à ce qu’exigent les objectifs fixés pour 2030, soit une baisse de 50 % des infections et de 70 % des décès par rapport à 2015.



