Présidentielle au Bénin : Wadagni affiche ses ambitions pour une justice modernisée

Au Palais des Congrès de Cotonou, le candidat à l’élection présidentielle de 2026, Romuald Wadagni, a présenté samedi 21 mars les grandes orientations de son projet de société. L’actuel ministre de l’Économie et des Finances, candidat à la succession du président Patrice Talon, a exposé un ensemble de réformes portant notamment sur la justice, les médias et la gouvernance publique.

Face à un auditoire composé d’acteurs institutionnels, de professionnels des médias et de représentants de la société civile, le candidat a structuré son intervention autour de mesures visant à renforcer l’accès aux droits, améliorer la transparence et adapter les institutions aux mutations numériques.

Justice : accès aux droits et transformation du système pénitentiaire

Le projet présenté prévoit une évolution du fonctionnement judiciaire, avec un accent mis sur l’information du justiciable et le suivi des procédures. La création d’un portail numérique dédié permettrait aux citoyens d’accéder en temps réel aux audiences, décisions et actes judiciaires, selon les orientations exposées lors de la présentation.

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Dans le même registre, un dispositif d’aide juridictionnelle intégré à ces outils numériques est annoncé pour accompagner les usagers tout au long des procédures. L’objectif affiché consiste à réduire les écarts d’accès à la justice et à encadrer les délais de traitement, à travers une charte nationale d’accueil judiciaire fixant des standards applicables à l’ensemble des juridictions.

Le candidat a également évoqué le développement de modes alternatifs de règlement des litiges, impliquant les autorités traditionnelles sous supervision judiciaire. Cette approche vise à désengorger les tribunaux tout en maintenant un contrôle institutionnel. Sur le plan pénitentiaire, le projet introduit une réorganisation des établissements autour d’activités productives et de formation. Des fermes, ateliers et unités d’apprentissage seraient intégrés aux structures existantes afin de favoriser la réinsertion. « La peine doit devenir un temps structuré de reconstruction », a déclaré Romuald Wadagni lors de son intervention.

Médias : régulation, production locale et lutte contre la désinformation

Le programme présenté s’inscrit dans la continuité des réformes engagées dans l’audiovisuel public, notamment la généralisation de la Télévision numérique terrestre (TNT) et la restructuration des sociétés publiques du secteur. Parmi les nouvelles mesures annoncées figure la création d’une application publique de diffusion de contenus audiovisuels en langues locales, accessible gratuitement pour les populations vulnérables. Le projet prévoit également un renforcement de la formation professionnelle dans les métiers des médias, afin de constituer un vivier de compétences adaptées aux nouveaux formats numériques.

La lutte contre la désinformation constitue un autre axe central. Un programme d’éducation aux médias destiné aux jeunes publics est envisagé, avec pour objectif de développer l’esprit critique face aux contenus en ligne. Des dispositifs de mesure d’audience devraient aussi être mis en place pour mieux orienter les politiques de production. Le projet inclut par ailleurs la création d’une zone dédiée à la production de contenus, baptisée « Content City », regroupant studios, structures d’animation et espaces de création numérique. Ce pôle serait complété par une école spécialisée, l’African Screen School, développée en partenariat avec des institutions internationales.

Gouvernance : participation citoyenne et encadrement du numérique

Sur le plan institutionnel, le candidat propose d’instaurer une reddition de comptes annuelle et itinérante, associant élus locaux, autorités traditionnelles et organisations sociales. Ces rencontres viseraient à présenter les résultats de l’action publique, expliquer les décisions et recueillir les attentes des populations.

Le projet prévoit également l’institutionnalisation de mécanismes de participation citoyenne dans l’élaboration et le suivi des politiques publiques, notamment à travers des consultations et des plateformes numériques. La modernisation du processus électoral figure parmi les priorités, avec une dématérialisation annoncée pour renforcer la transparence. Cette orientation s’accompagne d’un volet consacré à la protection des données personnelles, à la cybersécurité et à la prévention des abus liés au numérique.

Selon les éléments présentés, ces réformes devraient s’inscrire dans un calendrier progressif en cas d’élection en 2026, avec une première phase consacrée à la mise en place des outils numériques et des cadres réglementaires, avant leur déploiement à l’échelle nationale.

1 réflexion au sujet de “Présidentielle au Bénin : Wadagni affiche ses ambitions pour une justice modernisée”

  1. La suppression de ce tribunal d’exception ( Criet) s’impose.
    Wadagni doit deconstruire ce qui a été mis en place par Talon .
    S’il a le courage de ses ambitions ; on le soutiendra .
    Notre pays a besoin d’un changement radical ; restaurer la démocratie et combattre l’arbitraire.
    Nous aiderons Wadagni en ce sens pour un Benin nouveau.
    Talon est clivant et a divisé les fils de ce pays.
    Il a fait ce qu’il a promis ; compromettre la paix sociale dans notre pays.
    Pas surprenant quand on se présente devant les électeurs Beninois en 2016 avec un slogan de : Surgir , Agir et Disparaître. Un slogan de Djagouda.
    Chapeau l’artiste.

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