Bénin : Wadagni place la sécurité nationale au cœur de son projet

Au Palais des Congrès de Cotonou, le candidat à l’élection présidentielle de 2026, Romuald Wadagni, a présenté samedi 21 mars les grandes orientations de son projet de société. L’actuel ministre de l’Économie et des Finances y a consacré un volet substantiel aux enjeux sécuritaires, dans un environnement régional marqué par la progression des menaces terroristes.

Face à cette situation, le candidat affirme vouloir consolider les capacités opérationnelles des forces de défense et de sécurité, tout en élargissant l’implication des populations dans la protection du territoire.

Renforcement des capacités militaires et sécuritaires

Romuald Wadagni inscrit la sécurité nationale dans une logique de continuité des efforts déjà engagés par l’État. Il met en avant la poursuite des recrutements au sein des forces armées et des unités de sécurité intérieure, combinée à un renforcement progressif des équipements.

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Ce dispositif vise à maintenir l’intégrité du territoire national, alors que plusieurs pays de la sous-région font face à des attaques récurrentes de groupes armés. Le Bénin, qui partage des frontières avec des zones exposées, a déjà intensifié depuis 2022 ses opérations de sécurisation dans les départements du nord, notamment à travers le déploiement de forces supplémentaires et la mise en place de dispositifs de surveillance renforcée.

Le projet présenté prévoit également la poursuite de la construction de commissariats d’arrondissement dans de nouvelles localités. Cette extension du maillage sécuritaire doit permettre une présence plus rapprochée des forces de l’ordre et une amélioration des délais d’intervention.

Un programme d’engagement civique pour rapprocher armée et population

Au-delà des moyens militaires, le candidat propose la mise en place d’un programme national d’engagement civique. L’objectif affiché est de renforcer les liens entre les forces armées et les citoyens, en impliquant davantage la population dans les questions de sécurité. « Nous mettons en place un programme d’engagement civique national destiné à renforcer les liens armée/nation », a déclaré Romuald Wadagni lors de sa présentation.

Ce dispositif entend mobiliser en priorité la jeunesse, considérée comme un acteur central de la cohésion sociale. Il s’agira, selon les orientations exposées, de favoriser une participation active des jeunes à des initiatives de sensibilisation, de prévention et de résilience face aux risques sécuritaires. Cette approche repose sur l’idée que la sécurité ne relève pas uniquement de l’action des forces spécialisées, mais également de la capacité des communautés à anticiper et signaler les menaces.

Sécurité et gouvernance locale, un levier complémentaire

Le projet sécuritaire présenté s’articule avec les réformes engagées dans la gouvernance territoriale. Le renforcement des capacités des communes, amorcé depuis plusieurs années, est présenté comme un facteur indirect de stabilisation.

Les mécanismes mis en place, notamment la professionnalisation de l’administration locale avec les secrétaires exécutifs et le déploiement d’agents spécialisés, visent à améliorer l’efficacité des services publics de proximité. À cela s’ajoute la mobilisation accrue de ressources financières en faveur des collectivités, avec plusieurs centaines de milliards de francs CFA transférés depuis 2016.

La création du Fonds d’Investissement Communal (FIC), en remplacement du FADeC, constitue l’un des instruments évoqués pour soutenir des projets structurants à l’échelle locale. L’amélioration des infrastructures administratives et socio-économiques est présentée comme un facteur de réduction des vulnérabilités pouvant alimenter l’insécurité.

Dans cette perspective, de nouveaux mécanismes sont annoncés, dont des contrats de performance entre l’État et les communes, intégrant des objectifs précis en matière de gestion et de services sociaux, ainsi qu’un système d’incitation financière. Le projet prévoit également un dispositif de partage de la plus-value foncière, destiné à permettre aux communes de capter une partie des ressources générées par la valorisation des territoires.

L’ensemble de ces mesures doit accompagner la mise en œuvre d’une stratégie sécuritaire élargie, combinant action militaire, implication citoyenne et renforcement des institutions locales. Les propositions devraient être précisées dans les mois à venir, à mesure de l’élaboration du programme détaillé en vue de l’échéance présidentielle de 2026.

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