Maroc : L’appel du parquet relance le dossier des 18 supporters sénégalais

Un nouveau développement judiciaire intervient dans l’affaire des 18 supporters sénégalais condamnés au Maroc après la finale de la Coupe d’Afrique des nations. Le parquet marocain et la partie civile ont interjeté appel du jugement rendu le 19 février 2026 par le tribunal de première instance de Rabat, selon les informations communiquées par leur avocat, Me Patrick Kabou. L’audience d’appel a été fixée au 16 mars.

Cette décision relance une procédure qui concerne des supporters sénégalais arrêtés dans la capitale marocaine à la suite d’incidents survenus lors de la finale de la CAN disputée le 18 janvier. Les personnes concernées avaient été jugées et condamnées en première instance pour des faits qualifiés de « hooliganisme » par la juridiction marocaine.

Une décision d’appel contestée par la défense

D’après Me Patrick Kabou, qui représente les supporters sénégalais dans cette affaire, la défense affirme avoir été informée de l’appel par le greffier du tribunal. L’avocat indique que l’annonce a suscité des interrogations du côté des conseils des prévenus.

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Dans un message relayé par le journaliste Mamadou Ndiaye sur le réseau social X, l’avocat affirme que le délai légal d’appel aurait expiré le 5 mars. « Le parquet et la partie civile marocains ont fait appel du jugement rendu en première instance le 19 février », a-t-il déclaré.

La défense s’interroge sur les conditions dans lesquelles cette procédure a été engagée alors que, selon ses calculs, le délai de dix jours prévu pour contester la décision du tribunal aurait été dépassé. La juridiction compétente devra examiner la recevabilité de cet appel lors de la prochaine audience.

Des peines prononcées après les incidents de la finale

Le tribunal de première instance de Rabat avait rendu son jugement le 19 février, soit un mois après les événements survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations disputée au Maroc. Les autorités marocaines avaient arrêté plusieurs supporters sénégalais dans la capitale après des débordements signalés à l’issue du match.

Au terme du procès, les 18 prévenus avaient été condamnés à des peines de prison allant de trois mois à un an. Les faits retenus par la juridiction relevaient du hooliganisme, qualification régulièrement utilisée dans le droit pénal marocain pour des violences ou troubles à l’ordre public liés à des manifestations sportives.

Selon le Code de procédure pénale marocain, les décisions rendues par les tribunaux de première instance peuvent faire l’objet d’un appel devant une juridiction supérieure dans un délai limité après leur notification. Cette procédure ouvre la voie à un réexamen complet du dossier par la cour d’appel compétente.

Une affaire suivie entre Dakar et Rabat

L’arrestation et la condamnation des supporters sénégalais avaient suscité des réactions au Sénégal et alimenté les discussions entre les deux capitales depuis plusieurs semaines. Le dossier a été suivi de près par les proches des détenus ainsi que par plusieurs organisations de supporters.

La procédure d’appel pourrait désormais prolonger la durée de traitement judiciaire de l’affaire. La cour d’appel devra examiner à la fois la recevabilité de la démarche du parquet et le fond des condamnations prononcées en première instance.

La prochaine étape judiciaire est prévue le 16 mars, date à laquelle la juridiction d’appel devra se pencher sur ce dossier et déterminer la suite de la procédure pour les 18 supporters sénégalais condamnés au Maroc.

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