Sénégal : Le député Alassane Sall s'interroge sur une nouvelle « dette cachée » de l'État

Le député de l’opposition Alassane Sall a réagi à des informations faisant état d’un emprunt de 650 millions d’euros contracté par l’État du Sénégal sans communication publique. Ces éléments ont été rapportés le 23 mars 2026 par le média britannique Financial Times, qui évoque des financements mobilisés auprès d’institutions internationales.

Selon le Financial Times, le Sénégal aurait contracté « des centaines de millions de dollars » sans les déclarer officiellement. Cette révélation intervient alors que des discussions sont attendues au sein de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale sur la gestion de la dette publique.

Une interpellation sur la transparence des opérations financières

Dans une prise de position publique, le député Alassane Sall a questionné la nature de ces emprunts et les conditions dans lesquelles ils ont été réalisés. Il appelle les parlementaires à demander des précisions au gouvernement sur ces opérations financières.

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Cette réaction intervient à un moment où l’Assemblée nationale examine une résolution de soutien à la stratégie de l’exécutif visant à éviter une restructuration de la dette. Les échanges portent notamment sur les outils mobilisés pour faire face aux échéances financières de l’État.

La question de la transparence dans la gestion de la dette se trouve au centre des préoccupations, alors que les députés sont appelés à se prononcer sur les orientations proposées par le gouvernement.

Une stratégie basée sur la gestion active de la dette

Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, avait présenté devant les députés, lors d’une intervention en novembre puis rappelée en février, les principes de la politique de gestion de la dette adoptée par l’État.

Cette stratégie repose sur des mécanismes de gestion active, incluant des opérations de type « swaps ». Selon les explications fournies à l’Assemblée nationale, ces outils permettent d’ajuster les conditions de remboursement sans recourir à une restructuration formelle.

Les opérations évoquées peuvent inclure des refinancements, des échanges d’instruments de dette ou encore un réaménagement du calendrier des échéances. Elles visent à maintenir la capacité de paiement de l’État tout en adaptant la structure de la dette.

Des interrogations renforcées par les données récentes sur la dette

Les questions soulevées interviennent dans un contexte marqué par des divergences sur le niveau réel de l’endettement public. En août 2025, des représentants du Fonds monétaire international avaient indiqué que la dette du Sénégal dépassait 70 % du produit intérieur brut sur la base des données officielles.

Un audit réalisé par la Cour des comptes avait ensuite estimé que ce niveau approchait 100 % du PIB, en intégrant plusieurs milliards de dollars d’engagements non déclarés. Cette réévaluation a conduit à un suivi plus attentif des opérations d’endettement et de leur inscription dans les documents budgétaires.

Le cadre légal prévoit que le gouvernement rende compte régulièrement de l’évolution de la dette devant le Parlement, notamment à travers les lois de finances et les rapports annexes. Les discussions en cours au sein de la Commission des Finances devraient permettre d’apporter des précisions sur les opérations évoquées et leur traitement dans les comptes publics.

Les travaux parlementaires en cours doivent aboutir à une position sur la stratégie de gestion de la dette, alors que plusieurs échéances financières sont attendues au cours de l’année 2026.

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