Tourisme de naissance : les USA avertissent les Africains qui voyagent pour obtenir la nationalité à leurs enfants

Les ambassades américaines au Nigeria et dans plusieurs autres pays africains ont publié des avertissements officiels : tout ressortissant étranger soupçonné de vouloir voyager aux États-Unis dans le but principal d’y accoucher se verra refuser son visa. La mesure, confirmée en avril 2025 par le Département d’État américain, vise à mettre fin à une pratique qui permet d’obtenir automatiquement la citoyenneté américaine pour un enfant né sur le sol américain, en vertu du 14e amendement de la Constitution.

Washington durcit les règles sur les visas B-1/B-2

Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, la Mission diplomatique américaine au Nigeria a précisé que « l’utilisation d’un visa pour voyager aux États-Unis avec pour objectif principal d’accoucher afin que l’enfant obtienne la citoyenneté américaine n’est pas autorisée. » Les agents consulaires sont désormais habilités à rejeter toute demande s’ils ont des raisons de croire que telle est l’intention du demandeur.

Le Département d’État a confirmé que les conséquences peuvent aller au-delà du simple refus : révocation d’un visa existant et interdiction permanente d’entrée sur le territoire américain. Les pays africains concernés par ce contrôle renforcé comprennent le Nigeria, le Ghana, le Maroc, l’Éthiopie, l’Algérie et l’Afrique du Sud. Le traitement des demandes de visa immigrants a par ailleurs été suspendu pour 27 pays africains dans le cadre d’un durcissement plus large de la politique migratoire de l’administration Trump.

Publicité

Un phénomène mondial que Washington tente de juguler depuis 2020

Le tourisme de naissance n’est pas un phénomène nouveau aux États-Unis. Selon les estimations du Center for Immigration Studies, entre 20 000 et 33 000 naissances annuelles seraient liées à des femmes entrées sur visa touristique avec l’intention d’accoucher sur le territoire américain — des chiffres contestés par le Niskanen Center, qui les juge largement surestimés. Le Nigeria figure explicitement parmi les principaux pays d’origine identifiés par les autorités américaines, aux côtés de Photo Unsplash

Une première règle restrictive avait été adoptée le 24 janvier 2020 sous la première administration Trump, permettant déjà aux agents consulaires de refuser les visas B-1/B-2 lorsque l’accouchement aux États-Unis constituait l’objectif principal du voyage. Les avertissements publiés en 2025 par les ambassades en Afrique s’inscrivent dans une réactivation et un renforcement de cette politique.

La règle ne s’applique pas aux ressortissants des 39 pays membres du programme d’exemption de visa américain. Pour les pays africains, qui n’en font pas partie, le contrôle consulaire reste la seule voie d’entrée — et désormais, le principal point de filtrage de cette pratique.

Laisser un commentaire