Les sœurs de Yannick Noah, Nathalie et Isabelle, réclament plus de deux millions d’euros à l’ancien champion de tennis et chanteur français, qu’elles accusent de s’être approprié l’intégralité du patrimoine laissé par leur père, Zacharie Noah, décédé en 2017 au Cameroun. L’affaire, portée devant la justice camerounaise depuis plusieurs années, a pris une dimension publique fin février 2026 après une interview accordée par Isabelle Noah au magazine Voici.
Zacharie Noah, footballeur international camerounais des années 1960-1970, avait bâti au fil des décennies un patrimoine conséquent dans son pays natal, comprenant des terres, des hôtels et divers biens immobiliers concentrés autour du village d’Etoudi, à Yaoundé. À sa mort, son fils Yannick, déjà reconnu comme chef coutumier du village, aurait pris le contrôle de l’ensemble de ces biens sans associer ses deux sœurs cadettes aux décisions ni aux revenus générés.
Une vente controversée au cœur du litige
L’avocat des plaignantes, Maître Bayebec, cité par Voici, indique que Zacharie Noah aurait vendu l’ensemble de ses terres à son fils avant son décès — une transaction qui, selon le conseil, constitue une forme de déshéritement illégal au regard du droit camerounais, lequel garantit aux enfants une part réservataire de la succession. Les deux sœurs affirment n’avoir jamais été consultées ni informées de cette opération, dont elles ont eu connaissance seulement après la disparition de leur père. Un tribunal camerounais aurait rendu en 2023 une décision favorable aux deux plaignantes, selon les déclarations de leur avocat, mais cette décision n’aurait pas encore été appliquée, la partie adverse multipliant les recours. Isabelle Noah déclare que son frère refuse depuis neuf ans de répondre aux convocations des juges.
Séquestration alléguée et riposte du camp Noah
Les accusations ne se limitent pas au volet financier. Isabelle Noah affirme être retenue sur le domaine familial contre son gré, surveillée en permanence par plusieurs hommes postés à l’extérieur de la propriété. En réponse, les avocats de Yannick Noah ont publié un communiqué affirmant qu’Isabelle « s’est volontairement et temporairement cloîtrée » et qu’elle est « entièrement prise en charge par son frère, le chef de famille », ajoutant qu’elle souffrirait de « graves problèmes de santé » affectant son jugement. Isabelle Camus, ex-épouse de Yannick Noah, a pris publiquement la défense de l’artiste, affirmant qu’il aurait financièrement soutenu ses sœurs au fil des années, notamment en prenant en charge un logement à Saint-Barthélemy pour l’une d’elles.
Une procédure au point mort
La procédure engagée au Cameroun se prolonge sans qu’un jugement définitif et exécutoire n’ait été prononcé à ce jour. Maître Bayebec indique que des pressions s’exerceraient sur les magistrats, ce que rien ne confirme officiellement. Yannick Noah n’a formulé aucune déclaration publique directe sur le fond de l’affaire et la prochaine échéance judiciaire n’a pas été communiquée.

