L’ambassadeur pakistanais à Moscou, Fayçal Niaz Tirmizi, a réaffirmé l’intention d’Islamabad de rejoindre les BRICS, exprimant l’espoir d’un soutien international à la candidature du Pakistan, selon l’Associated Press du Pakistan le 13 avril. Cette déclaration intervient alors que New Delhi maintient son opposition à l’entrée d’Islamabad dans le groupe.
Les relations entre les deux pays ont atteint leur point de rupture le plus bas depuis des décennies après l’attentat du 22 avril 2025 à Pahalgam, qui avait coûté la vie à 26 touristes indiens au Cachemire sous administration indienne. L’Inde avait tenu le Pakistan pour responsable et lancé l’opération militaire Sindoor en mai 2025, provoquant plusieurs jours d’affrontements aériens et de frappes de missiles des deux côtés avant un cessez-le-feu. Islamabad et New Delhi ont depuis suspendu leur commerce bilatéral, expulsé leurs diplomates respectifs et fermé leurs espaces aériens. Dans cette situation de rupture diplomatique, la candidature pakistanaise aux BRICS s’est transformée en nouveau terrain d’affrontement entre les deux rivaux nucléaires.
Le droit de veto indien face au soutien russo-chinois
Le journal pakistanais Business Recorder rapporte que la Chine et la Russie apportent un soutien diplomatique actif à la demande d’Islamabad. Moscou a notamment exprimé publiquement son appui lors d’une visite du vice-Premier ministre russe Alexei Overchuk à Islamabad. Pékin, principal partenaire stratégique et financier du Pakistan via le Corridor économique Chine-Pakistan (CPEC), devrait faire de même.
Cependant, les règles du groupe constituent un obstacle structurel pour Islamabad. Les critères d’adhésion adoptés lors du sommet de Johannesburg en 2023 stipulent qu’un candidat doit entretenir des « relations diplomatiques et amicales avec tous les membres existants » et que toute décision d’élargissement doit être prise par consensus. Cette règle confère à l’Inde un droit de veto de facto. New Delhi en a déjà fait usage en 2024, lorsque le sommet de Kazan s’est conclu sans que le Pakistan ne figure parmi les nouveaux membres ou pays partenaires admis.
Le sommet 2026 en Inde, test décisif
La question prend une dimension particulière en 2026 : l’Inde assure la présidence tournante des BRICS et accueillera le 19e sommet annuel du groupe. C’est lors de cette réunion que la candidature pakistanaise devrait être formellement examinée, selon des sources diplomatiques citées par Business Recorder. Les chances d’approbation restent faibles tant que les deux pays n’auront pas rétabli un minimum de relations diplomatiques. Le Premier ministre Narendra Modi a réitéré après l’opération Sindoor que les seuls sujets discutables avec Islamabad demeurent le terrorisme et la question du Cachemire.



