Bénin : Il filme ses voisines dans leur douche et se retrouve à la CRIET

La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a examiné, lundi 27 avril 2026 à Cotonou, le dossier d’un jeune homme accusé d’avoir filmé ses voisines à leur insu depuis leurs douches. Le prévenu, âgé d’une vingtaine d’années, a reconnu les faits devant la juridiction spécialisée.

Selon Banouto, présenté à la barre pour « harcèlement par le biais d’un système électronique », il a admis avoir capté des images de ses voisines sans leur consentement, depuis une position en hauteur lui permettant d’observer leurs installations sanitaires à ciel ouvert.

Des faits révélés après la découverte de vidéos

Les éléments du dossier indiquent que l’affaire a été révélée lorsqu’un proche du mis en cause a eu accès à son ordinateur portable. En consultant l’appareil, il y a découvert des enregistrements montrant les victimes dans des situations d’intimité. Il a ensuite alerté les voisines concernées, qui ont engagé des démarches judiciaires.

Publicité

Interpellé par les services compétents, le jeune homme a été placé sous mandat de dépôt avant sa comparution. À l’audience, il a reconnu les faits sans contestation. « Oui je reconnais avoir fait ça », a-t-il déclaré devant les juges. La qualification retenue par le parquet s’appuie sur les dispositions du Code du numérique au Bénin, qui encadrent les atteintes à la vie privée commises à l’aide de moyens électroniques. Ce cadre légal prévoit des sanctions pénales en cas de captation d’images sans autorisation dans un espace relevant de l’intimité.

Des affaires similaires déjà jugées

Après un examen rapide du dossier, la CRIET a décidé de renvoyer l’affaire au 15 juin 2026. À cette date, le ministère public présentera ses réquisitions, avant les plaidoiries de la défense et la décision de la cour. La juridiction devra alors se prononcer sur la peine à infliger au regard des faits reconnus et des éléments versés au dossier. Ce type de dossier n’est pas inédit devant la CRIET. La juridiction a déjà été saisie de faits comparables impliquant l’utilisation d’outils numériques pour porter atteinte à l’intimité d’autrui.

Une affaire récente concerne un gardien de maison mis en cause pour des faits similaires impliquant une jeune coiffeuse de 21 ans. Selon les éléments rapportés par Bip Radio, l’homme avait filmé la victime à son insu alors qu’elle sortait de la douche dans une habitation voisine. Les images avaient ensuite circulé sur WhatsApp et d’autres réseaux sociaux.

Interpellé, le gardien a été placé en détention. Lors de son audition à la CRIET le 30 décembre, il a reconnu avoir réalisé les vidéos et a expliqué que leur diffusion sur son statut WhatsApp résultait d’une manipulation involontaire. Il a présenté des excuses à la victime, évoquant une « erreur ».

Les éléments exposés à l’audience indiquent qu’il aurait franchi le mur séparant les deux concessions pour effectuer les enregistrements. Sa défense a soutenu qu’il procédait à des travaux de nettoyage du mur, une version qui n’a pas convaincu la juridiction. Dans l’affaire examinée le 27 avril 2026, le prévenu devra de nouveau comparaître le 15 juin, date à laquelle la CRIET est attendue pour poursuivre l’examen du dossier et engager la phase des réquisitions.

Laisser un commentaire