CAN 2025 : des soupçons de pressions sur l'arbitre de la finale selon une enquête du Monde

Le quotidien français Le Monde a consulté dimanche 5 avril, les rapports officiels de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 et révèle des accusations troublantes : l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala Ngambo aurait reçu des instructions institutionnelles pour ne pas sanctionner les joueurs sénégalais durant l’interruption du match. Cette révélation survient alors que le Sénégal conteste devant le Tribunal arbitral du sport la décision de la CAF qui a déclaré le pays vaincu sur tapis vert, le 17 mars.

Une finale devenue polémique d’emblée

Le 18 janvier 2026 au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat, le Sénégal et le Maroc se sont affrontés pour le titre continental. Dans les ultimes secondes de la prolongation, l’arbitre a accordé un penalty au Maroc, une décision jugée très contestable par les Sénégalais. En protestation, les joueurs ont quitté le terrain pendant dix-sept minutes avant de revenir, menés par le capitaine Sadio Mané. Le match s’est poursuivi. Le Sénégal a remporté la victoire 1-0 et célébré son titre de champion d’Afrique.

Les allégations portées par le Maroc

Selon Le Monde, Tarik Najem, secrétaire général de la fédération marocaine, affirme dans son mémoire d’appel que des propos attribués à Olivier Safari, président du comité des arbitres de la CAF, seraient particulièrement sensibles. Lors d’une réunion du comité exécutif le 13 février à Dar es-Salaam, ce dernier aurait évoqué l’existence de consignes données à l’arbitre afin d’éviter l’expulsion de joueurs sénégalais. Deux joueurs de l’équipe, déjà avertis, risquaient en effet un second carton jaune en cas de sanction supplémentaire après leur protestation sur un penalty contesté accordé au Maroc.

Publicité

Le quotidien souligne par ailleurs que ces allégations avaient déjà été relayées par certains médias qataris. Elles alimentent une interrogation plus large sur l’existence éventuelle de pressions exercées sur l’arbitre pour préserver le déroulement du match dans un cadre de fortes tensions.

Un écart entre les allégations et l’application réglementaire

Paradoxalement, alors que l’arbitre Ndala n’a infligé aucun carton jaune aux joueurs sénégalais après leur retour sur le terrain, le jury d’appel de la CAF a appliqué strictement l’article 84 du règlement de la compétition. Celui-ci prévoit qu’une équipe quittant le terrain ou refusant de poursuivre une rencontre est automatiquement déclarée perdante et éliminée.

Ainsi, malgré une victoire 1-0 du Sénégal après prolongation sur le terrain le 18 janvier, la CAF a finalement transformé ce résultat en défaite 3-0 sur tapis vert. La décision s’est appuyée sur une application stricte du règlement, sans se prononcer sur les conditions de l’arbitrage ni sur les éventuelles pressions évoquées dans le dossier.

Vers une clarification attendue du TAS

L’enquête du Monde relance le débat sur les mécanismes de gouvernance de la CAF et la transparence des procédures disciplinaires. Le Tribunal arbitral du sport, saisi par la fédération sénégalaise, devra notamment examiner si les allégations de pressions extérieures sur l’arbitrage constituent des vices de procédure susceptibles d’invalider la décision du 17 mars. Le calendrier exact de la sentence n’a pas encore été communiqué officiellement.

Laisser un commentaire