Depuis le déclenchement de l’opération américaine « Epic Fury » contre l’Iran fin février 2026, une startup chinoise d’intelligence géospatiale, MizarVision, publie sur les réseaux sociaux des images satellitaires annotées des dispositifs militaires américains au Moyen-Orient — porte-avions, bases aériennes, systèmes de défense antiaérienne. Selon le site spécialisé Army Recognition, citant des responsables de la Defense Intelligence Agency (DIA), les Gardiens de la Révolution iraniens exploiteraient activement ces données pour affiner leurs frappes de missiles et de drones.
Les frappes iraniennes et leur précision documentée
Dès les premières semaines du conflit, Téhéran a conduit des frappes contre des installations américaines et israéliennes dans la région, dont la base aérienne d’Al-Udeid au Qatar et des sites en Jordanie et en Arabie saoudite. Plusieurs de ces cibles avaient été documentées et géolocalisées par MizarVision dans les heures précédant les attaques. La base de Diego Garcia, dans l’océan Indien, ainsi que la base d’Ovda en Israël — où onze chasseurs furtifs F-22 américains avaient été photographiés et étiquetés par l’IA de la startup — figuraient parmi les sites exposés avant d’être visés ou placés en alerte maximale. Des observateurs régionaux, notamment dans les pays du Golfe, ont relevé publiquement la précision inhabituelle des frappes iraniennes sur des infrastructures logistiques américaines, des dépôts de carburant et des positions de défense antimissile.
Un modèle sans satellite, une portée de renseignement national
Fondée en 2021 à Hangzhou, MizarVision emploie moins de 200 personnes et ne possède aucun satellite. Elle agrège des images achetées auprès de fournisseurs commerciaux — dont les Américains Maxar Technologies (Vantor) et Planet Labs, l’Européen Airbus Defence and Space, ainsi que la constellation chinoise Jilin-1. Une analyse publiée par le South China Sea Probing Initiative (SCSPI), rattaché à l’Université de Pékin, indique que les images les plus précises utilisées par la startup, à une résolution d’environ 0,3 mètre, proviendraient de satellites américains et européens — non chinois. C’est cette imagerie occidentale, retraitée par des algorithmes d’identification automatique d’équipements militaires, que la startup diffuse librement sur Weibo et X.
La valeur opérationnelle du dispositif repose sur la vitesse d’analyse : là où une agence nationale de renseignement mobilisait des équipes entières sur plusieurs jours, MizarVision produit en quelques heures des fiches géolocalisées distinguant automatiquement un F-22 d’un chasseur de génération inférieure, ou un système Patriot d’une installation logistique ordinaire. Selon un ancien colonel de l’Armée populaire de libération cité par le South China Morning Post, les capacités de la startup « peuvent compléter les capacités nationales de renseignement de la Chine ».
Vers une régulation des images commerciales en zone de conflit
La publication par MizarVision de positions de ravitaillement en vol et d’appareils AWACS au-dessus de Bahreïn et des Émirats arabes unis a conduit au moins un fournisseur commercial d’imagerie à suspendre, début mars 2026, certaines livraisons haute résolution couvrant le Moyen-Orient. Le Pentagone n’a pas officiellement commenté les activités de la startup, mais plusieurs responsables américains ont évoqué publiquement la nécessité d’un cadre réglementaire international encadrant la diffusion d’images satellitaires commerciales en période de conflit armé. Aucune procédure formelle n’a été engagée à ce stade contre MizarVision, dont l’activité repose sur des données légalement accessibles selon les standards commerciaux en vigueur.



