Une session de formation dédiée à l’entrepreneuriat artisanal s’est tenue vendredi 17 avril dernier à l’initiative de l’ONG MJCD. L’objectif est de doter les artisans de compétences entrepreneuriales et de favoriser la transformation de leurs activités en entreprises structurées et créatrices de valeur.
Initiée par l’ONG Mutuelle des Jeunes Chrétiens pour le Développement (MJCD-ONG), cette formation s’inscrit dans le cadre du projet de renforcement de l’entrepreneuriat artisanal. Selon son directeur exécutif, le Dr Faustin Dagba, l’initiative répond à un besoin réel dans le secteur. « Les artisans n’ont en général que de petites unités de service ou de production, parce qu’il y a une insuffisance de l’esprit entrepreneurial », a-t-il expliqué. À travers ce programme, l’organisation entend « susciter et accompagner l’émergence d’une nouvelle génération d’artisans entrepreneurs », en mettant un accent particulier sur les jeunes et les femmes, considérés comme les principaux leviers de transformation du secteur. Le projet, mis en œuvre avec l’appui de partenaires techniques, notamment un réseau d’acteurs de la société civile engagé dans la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes, bénéficie également du financement du Fonds de développement de l’artisanat (FDA). Il vise, à terme, à contribuer à une meilleure structuration du tissu artisanal au Bénin.
Une formation structurée et progressive
Le dispositif repose sur une approche structurée, combinant sessions de formation et phases de suivi. La formation s’étend sur plusieurs mois et s’articule autour de différentes étapes, allant du renforcement de l’esprit entrepreneurial à la création et au développement d’une activité viable. « Nous agissons d’abord sur le mindset des bénéficiaires, afin qu’ils puissent percevoir autrement les opportunités et leurs capacités », a précisé le Dr Dagba. Concrètement, les participants sont accompagnés dans l’identification d’idées d’entreprise, l’élaboration de projets, ainsi que dans la mobilisation des ressources nécessaires à leur mise en œuvre.
Pour Emmerick Coffi Sègla Amoussou, coach formateur, l’objectif est de permettre aux artisans de franchir un cap décisif dans leur parcours professionnel. « Il s’agit de renforcer l’émergence de nouvelles générations d’artisans entrepreneurs, mais aussi de favoriser la croissance et la pérennisation de leurs activités », a-t-il indiqué.
Les sessions alternent apports théoriques et exercices pratiques, dans une approche participative. Les formateurs adaptent également les contenus aux réalités sociolinguistiques des participants. « Nous utilisons parfois les langues locales pour faciliter la compréhension », a ajouté le formateur, soulignant la diversité des profils présents.
Des bénéficiaires engagés dans une dynamique de changement
À l’issue des premières sessions, les participants mettent en avant les acquis liés au développement personnel et à l’entrepreneuriat, notamment en matière de confiance en soi, de prise de risque et de gestion d’activité. « Pour être un bon entrepreneur, il faut avoir confiance en soi, être déterminé et savoir prendre des risques », a confié Euphrème Agognon, artisan ébéniste menuisier. Une perception partagée par Naomi Lokossou, styliste-modéliste, qui insiste sur l’impact concret de la formation sur sa vision professionnelle. « Cette formation nous apprend à mieux nous connaître et à passer à l’action », a-t-elle déclaré.
Au-delà des compétences acquises, les initiateurs du projet misent sur un effet de diffusion au sein des communautés. Les bénéficiaires sont encouragés à partager les connaissances acquises avec leurs pairs et leurs apprentis. « Lorsqu’ils vont produire de meilleurs résultats, cela va susciter l’imitation », a estimé le Dr Dagba.
À terme, cette initiative vise à contribuer à la structuration du secteur artisanal, en favorisant l’émergence d’entreprises plus solides, capables de créer de la valeur et de générer des emplois durables.



