Tania Warner, ressortissante canadienne de 47 ans résidant à Kingsville, au Texas, a été interpellée le 14 mars 2026 à un point de contrôle de la police des frontières américaine à Sarita, alors qu’elle rentrait d’une fête prénatale avec sa fille Ayla Lucas, 7 ans, atteinte d’autisme. Vingt jours plus tard, elle a été libérée sous caution après versement de 9 500 dollars américains, mais doit porter un bracelet électronique à la cheville dans l’attente d’une audience d’expulsion.
Le grief officiel de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) : un dépassement de la durée de séjour autorisée. Le Department of Homeland Security (DHS) a confirmé cette position sans fournir de détail sur le dossier individuel de Mme Warner, indiquant au Newsweek que tout dépassement de visa entraîne automatiquement une arrestation. Son mari, Edward Warner, citoyen américain, conteste cette qualification. Il a produit une copie de la carte d’autorisation d’emploi délivrée à son épouse en 2025, valide jusqu’au 8 juin 2030, et présentée aux agents au moment de l’interpellation.
Un dossier de green card bloqué pendant quatre ans
La situation administrative de Tania Warner est plus complexe qu’il n’y paraît. Sa demande de résidence permanente, déposée il y a quatre ans, avait été refusée en raison du casier judiciaire de son mari — condamné pour un délit sexuel commis à l’adolescence et inscrit au registre des délinquants sexuels du Texas. Le couple avait alors mandaté une avocate pour soumettre un nouveau dossier en auto-parrainage, sans que le nom d’Edward Warner y figure. Des documents d’immigration examinés par CTV News et soumis à l’avocate Kerry Doyle, ancienne conseillère juridique en chef de l’ICE sous l’administration Biden, montrent que Tania Warner disposait d’un document dit prima facie — une extension provisoire accordée pendant le traitement du dossier — avec une date d’expiration fixée en août 2026.
Le DHS maintient sa position, un élu du Congrès exige des réponses
Le porte-parole du DHS Timothy Oberle a soutenu, dans une déclaration transmise au Globe and Mail, que l’autorisation de travail ne confère pas de statut légal de séjour et que le placement en rétention relevait du choix de l’intéressée. Le représentant démocrate du 34e district du Texas, Vicente Gonzalez, a réfuté cette lecture, affirmant que son bureau continuait d’accompagner la famille et réclamant des explications sur le ciblage de Mme Warner malgré son autorisation légale de travail et de séjour.
Libérée le 2 avril, Tania Warner doit désormais comparaître devant un tribunal d’immigration pour une audience d’expulsion dont la date n’a pas encore été fixée. Les frais juridiques et la caution ont épuisé les fonds collectés via une cagnotte GoFundMe ouverte par son mari.


