Iran : Trump révèle une opération secrète d'armement des manifestants, les Kurdes nient

Le président américain Donald Trump a révélé, dimanche 5 avril 2026, que les États-Unis avaient tenté d’acheminer des armes aux manifestants iraniens dans les semaines précédant le déclenchement de la guerre, via des intermédiaires kurdes. La déclaration, faite lors d’un entretien téléphonique avec le correspondant en chef de Fox NewsTrey Yingst, a été immédiatement démentie par les principaux groupes kurdes concernés.

Une tentative d’armement qui aurait échoué

Selon le récit rapporté par Fox News, Washington aurait décidé de soutenir militairement les protestataires iraniens au moment où le régime de Téhéran réprimait violemment un mouvement de contestation déclenché fin décembre 2025 par l’effondrement du rial iranien. « Nous leur avons envoyé beaucoup d’armes. Nous les avons envoyées via les Kurdes », a déclaré Trump selon Yingst, avant d’ajouter que les armes n’auraient jamais atteint leur destination : les Kurdes les auraient conservées pour eux-mêmes.

L’opération se serait donc soldée par un échec dans son objectif déclaré — aucune arme américaine ne serait parvenue aux manifestants iraniens. Cette tentative aurait eu lieu en janvier 2026, alors que les forces de sécurité iraniennes, principalement les Gardiens de la révolution et les forces Basij, procédaient à des arrestations massives et tiraient à balles réelles sur les foules. Les négociations nucléaires indirectes entre Washington et Téhéran, mediées par Oman, n’avaient pas encore débuté — elles s’ouvriront le 6 février 2026 à Mascate, avant que les frappes américano-israéliennes ne soient lancées le 28 février.

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Les Kurdes opposent un démenti total

La réponse des groupes kurdes ne s’est pas limitée à contester la version de Trump sur le détournement des armes — elle porte sur l’existence même de la livraison. Hejar Berenji, représentant du Parti démocratique du Kurdistan iranien (PDKI), interrogé directement par Yingst dans le même reportage, a été catégorique : « Nous n’avons reçu aucune arme durant la période des manifestations en Iran. » Le PDKI, organisation kurde en exil dont les membres sont principalement établis dans la région semi-autonome du Kurdistan irakien, est l’un des principaux groupes que Washington aurait sollicités comme canal de transmission.

Ce démenti est d’une portée différente de la version trumpienne. Trump suggère que les Kurdes ont reçu les armes et ne les ont pas redistribuées. Le PDKI affirme n’avoir rien reçu du tout — ce qui rendrait l’opération soit inexistante, soit conduite via un canal distinct non identifié publiquement.

Newsweek relève que cette déclaration constitue un aveu rare : jamais un président américain n’avait publiquement reconnu avoir tenté d’armer un mouvement de protestation contre un gouvernement étranger avec lequel ses propres négociateurs étaient simultanément en contact indirect. La contradiction entre l’action clandestine et la démarche diplomatique parallèle n’a pas été expliquée par la Maison-Blanche, qui n’avait pas répondu aux demandes de commentaires dimanche soir.

Un bilan humain toujours contesté

Trump a également réaffirmé que 45 000 manifestants auraient été tués lors de la répression — un chiffre non étayé et contesté par l’ensemble des sources disponibles. Les autorités iraniennes avancent un bilan de 3 117 morts. L’organisation de défense des droits humains HRANA, dont le décompte est réalisé à partir de témoignages indépendants, en recense au moins 6 126, tout en reconnaissant que le blackout internet imposé par Téhéran pendant plus de deux semaines en janvier 2026 rend toute estimation exhaustive impossible.

Le président américain a fixé au mardi 8 avril à 20h00 (heure de Washington) une échéance pour la conclusion d’un accord avec l’Iran, menaçant de frapper les infrastructures énergétiques iraniennes en l’absence de résultats. Aucune réponse officielle de Téhéran sur les révélations relatives à l’armement des manifestants n’avait été publiée au moment de la mise en ligne de cet article.

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