Ce jeudi 9 avril, Melania Trump a pris la parole depuis le Grand Foyer de la Maison-Blanche dans une déclaration en cinq minutes, rare et non annoncée, pour nier tout lien avec le financier condamné Jeffrey Epstein et son ancienne compagne Ghislaine Maxwell. « Les mensonges qui me lient à l’infâme Jeffrey Epstein doivent cesser aujourd’hui », a-t-elle déclaré, affirmant n’avoir jamais été victime, amie ni complice du réseau de trafic sexuel démantelé par la justice américaine.
Une mise au point sur l’e-mail Maxwell
La première dame a notamment répondu à un courriel d’octobre 2002, rendu public dans le cadre des fichiers Epstein, dans lequel elle félicitait Maxwell pour un article du New York Magazine consacré à Epstein et signait « Love, Melania ». Elle a qualifié cet échange de simple correspondance informelle, sans portée particulière. Elle a par ailleurs nié qu’Epstein l’ait présentée à Donald Trump, affirmant l’avoir rencontré par hasard lors d’une soirée à New York en 1998.
Un timing qui intrigue la capitale
Ce qui frappe les observateurs, c’est moins le contenu que le moment choisi. Le dossier Epstein ne dominait pas l’actualité — la guerre avec l’Iran monopolise Washington depuis plusieurs semaines. Plusieurs collaborateurs de la Maison-Blanche n’auraient pas été informés à l’avance, et Donald Trump lui-même aurait indiqué a posteriori ne pas avoir eu connaissance de la déclaration de son épouse. La veille, le département de la Justice avait annoncé que l’ex-procureure générale Pam Bondi refuserait de témoigner devant le Congrès sur les fichiers Epstein — une semaine après son licenciement abrupt par le président.
Appel bipartisan au Congrès
Melania Trump a conclu en appelant le Congrès à organiser des auditions publiques pour les survivantes du réseau Epstein. Démocrates et républicains ont immédiatement salué cette demande. Le représentant démocrate Robert Garcia, membre de la commission de surveillance de la Chambre, a exhorté le président républicain de la commission, James Comer, à programmer une audition « immédiatement ». Deux victimes d’Epstein, Maria et Annie Farmer, ont pour leur part répondu sobrement : « Ce que nous voulons, c’est la responsabilité, la transparence et la justice. »
Aucun incident déclencheur précis n’a été identifié pour expliquer cette prise de parole. Le conseiller de la première dame, Marc Beckman, s’est limité à indiquer que « c’était assez » et que « les mensonges devaient cesser ».



