Le secrétaire du Conseil de sécurité russe, Sergueï Choïgou, a adressé le 16 avril 2026 un avertissement militaire explicite à la Finlande, à l’Estonie, à la Lettonie et à la Lituanie, accusant ces quatre membres de l’OTAN de laisser transiter des drones ukrainiens dans leur espace aérien pour frapper le territoire russe. Moscou a invoqué l’article 51 de la Charte des Nations unies, qui reconnaît le droit inhérent des États à la légitime défense en cas d’attaque armée, ouvrant la voie à une éventuelle riposte militaire contre des alliés de l’Alliance atlantique.
Choïgou invoque le droit international
Dans un communiqué officiel, Choïgou a posé une alternative binaire : soit les systèmes de défense aérienne occidentaux sont défaillants, soit ces États «cèdent délibérément leur espace aérien, devenant ainsi complices d’une agression contre la Russie». Dans ce second cas, a-t-il précisé, l’article 51 de la Charte des Nations unies entrerait en vigueur. Ces déclarations font suite à plusieurs frappes ukrainiennes ayant endommagé les ports russes de Primorsk et d’Oust-Louga, deux infrastructures majeures du dispositif d’exportation pétrolière russe en mer Baltique, qui ont acheminé à eux deux près de 50 millions de tonnes de produits pétroliers en 2025, selon les données compilées par Reuters.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, avait précédé cet avertissement dès le 6 avril, mettant en demeure les trois États baltes de cesser ce qu’elle qualifiait de complicité active, sous peine d’une «réponse» non précisée. Le conseiller présidentiel Nikolaï Patrouchev avait de son côté affirmé que la distance supérieure à 1 400 kilomètres séparant le nord de l’Ukraine de la région de Leningrad rendait ces frappes techniquement impossibles sans coordination avec des États tiers.
Bruxelles et Kiev rejettent les accusations
Les trois États baltes ont répondu par une déclaration commune, assurant n’avoir jamais autorisé l’utilisation de leur territoire ou de leur espace aérien contre la Russie. La porte-parole de la Commission européenne, Anitta Hipper, a indiqué n’avoir «aucune preuve» confirmant les allégations russes. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, est allé plus loin, affirmant que des renseignements suggèrent que la Russie aurait délibérément orienté certains drones vers ces pays afin d’alimenter les tensions.
Des incidents concrets alimentent néanmoins le débat. Plusieurs drones ukrainiens se sont effectivement écrasés en territoire finlandais et balte lors de frappes vers la Russie — dont un appareil de type AN196 identifié en Finlande, dans la région de Kouvola. Helsinki a envoyé un F/A-18 Hornet en mission d’identification, sans ouvrir le feu en raison du risque de dommages collatéraux. En Lettonie, des débris d’un drone d’origine ukrainienne ont été retrouvés sur le sol national.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réaffirmé ces accusations le 18 avril lors du Forum diplomatique d’Antalya, avertissant que Moscou disposait de quoi «répondre». Aucune échéance formelle n’a été fixée par les autorités russes, mais les forces aériennes de l’OTAN ont d’ores et déjà intensifié leur dispositif de surveillance dans l’espace aérien du flanc nord-est de l’Alliance.



