Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a annoncé ce vendredi 17 avril 2026 que le détroit d’Ormuz est désormais « entièrement ouvert » à la navigation commerciale pour la durée restante du cessez-le-feu en vigueur au Liban. L’annonce intervient après plusieurs semaines de quasi-blocage de l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde.
Dans un message publié sur X, Araghchi a précisé que le passage de tous les navires commerciaux est autorisé « sur la route coordonnée déjà annoncée par l’Organisation des ports et de la navigation maritime de la République islamique d’Iran ». Le détroit d’Ormuz, large de 33 kilomètres en son point le plus étroit, assure en temps normal le transit d’environ 25 % du pétrole brut et 20 % du gaz naturel liquéfié échangés par voie maritime dans le monde.
Trump salue, mais maintient le blocus américain
Le président américain Donald Trump a réagi favorablement à l’annonce iranienne, remerciant Téhéran sur Truth Social. Il a toutefois précisé que le blocus naval américain des ports iraniens, entré en vigueur le 13 avril, « restera en vigueur » jusqu’à la conclusion d’un accord de paix entre les deux pays. Le Commandement central américain (Centcom) avait précédemment clarifié que ce blocus cible exclusivement les navires à destination ou en provenance de ports iraniens, sans entraver le transit des autres navires commerciaux dans le détroit.
Les marchés financiers ont immédiatement réagi à l’annonce d’Araghchi : les cours du pétrole ont chuté après la publication, tandis que les indices boursiers progressaient.
Un cessez-le-feu fragile comme cadre
L’ouverture du détroit est explicitement conditionnée à la durée du cessez-le-feu entre Israël et le Liban. Ce cadre reste incertain : le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré ce même jour que l’offensive militaire israélienne au Liban « n’est pas encore achevée ». La trêve de dix jours est surveillée de près, les deux camps se renvoyant la responsabilité des violations.
Les négociations entre Washington et Téhéran, qui avaient échoué à Islamabad le 12 avril, pourraient reprendre dans les prochains jours selon Trump. Une conférence réunissant la France et le Royaume-Uni sur la sécurisation du transit dans le détroit d’Ormuz est prévue ce vendredi à l’Élysée, sous la présidence d’Emmanuel Macron et du Premier ministre britannique Keir Starmer.



