Le Conseil national du crédit de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) s’est réuni le 14 avril 2026 à Bamako sous la présidence du ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. La session a mis en avant un retournement significatif de la balance commerciale malienne : le pays a dégagé un excédent de 418,9 milliards de FCFA au quatrième trimestre 2025, après trois trimestres consécutifs de déficit.
Les exportations ont atteint 1 286,4 milliards de FCFA sur la période, contre 867,4 milliards d’importations, selon les données douanières compilées par l’Institut national de la statistique. Le taux de couverture des importations par les exportations s’est établi à 148,3 %. À titre de comparaison, ce taux plafonnait à 61 % au premier trimestre 2025, lorsque le déficit commercial atteignait 332 milliards de FCFA.
L’or, moteur quasi exclusif des recettes extérieures
L’or non monétaire a représenté 91 % des exportations du trimestre, selon les mêmes données. L’Afrique du Sud, les Émirats arabes unis et l’Australie ont constitué les principales destinations. Cette concentration sur le métal jaune prolonge une tendance structurelle : au premier trimestre 2025, l’or représentait déjà 82,9 % des exportations maliennes, selon des données publiées par la Direction générale des douanes.
Les travaux du Conseil ont également porté sur l’état du système bancaire. Le Mali compte actuellement 14 banques et 3 établissements financiers. Les autorités ont jugé satisfaisant le niveau de liquidité du secteur, tout en identifiant le financement du secteur privé comme un enjeu central pour la croissance. Le Fonds monétaire international projette une croissance de l’économie malienne à 5,4 % en 2026, avec un redressement attendu du crédit après la contraction enregistrée en 2025.
La diversification, question ouverte
Les autorités maliennes ont elles-mêmes souligné que cette performance reste tributaire des recettes aurifères. La question de la diversification des exportations demeure posée, alors que les produits miniers continuent de représenter l’essentiel des ventes extérieures du pays.
Le Conseil national du crédit se réunit chaque année dans chaque État membre de l’UEMOA pour examiner les conditions de fonctionnement du système bancaire et les perspectives de financement de l’économie.



