L'AFRICOM alerte : la cocaïne sud-américaine finance le terrorisme en Afrique de l'Ouest

Le général Dagvin Anderson, commandant de l’US Africa Command (AFRICOM), a alerté le Sénat américain sur les liens croissants entre trafic de drogue et groupes djihadistes en Afrique de l’Ouest, lors d’une audition devant la commission des forces armées du Sénat, le 14 mai 2026.

Devant les sénateurs, le général Anderson a déclaré que le continent africain « est devenu le centre de gravité du djihadisme mondial, l’Afrique de l’Ouest représentant plus de 51 % des morts liées au terrorisme dans le monde en 2024. » Un chiffre corroboré par l’Indice mondial du terrorisme 2025, qui établit que le Sahel a concentré 51 % des décès liés au terrorisme dans le monde en 2024, en hausse par rapport à 48 % en 2023.

Une alliance entre cartels et djihadistes

Au cœur des préoccupations de l’AFRICOM figure le financement des groupes armés par le narcotrafic. Dans un communiqué publié en octobre 2025, l’AFRICOM affirmait que ses opérations d’interdiction visaient à « priver de revenus les cartels de la drogue, y compris ceux récemment désignés comme organisations terroristes étrangères, responsables du trafic de drogue vers les États-Unis. »

Un responsable militaire américain déclarait en juin 2025 que le Golfe de Guinée comptait désormais au moins quatre cartels identifiés opérant le long du corridor côtier s’étendant de l’Afrique du Sud vers le nord, le cartel du Golfe ayant récemment étendu sa présence dans la région.

Ces réseaux djihadistes exploitent de plus en plus les filières de contrebande transnationales et l’extraction illicite de ressources pour financer leurs campagnes.

Près de 10 tonnes saisies en 2025

En septembre 2025, la Marine française, avec le soutien de l’AFRICOM, a intercepté un navire de pêche sans pavillon et saisi 9,6 tonnes de cocaïne au large de l’Afrique de l’Ouest, dans le Golfe de Guinée — l’une des plus importantes saisies de drogue dans cette zone depuis plusieurs années.

Des actifs navals fournis par les États-Unis avaient également permis au Mozambique d’intercepter quelque 3 600 kg de cocaïne, témoignant de la coopération maritime croissante entre partenaires africains dans la lutte contre les trafics illicites.

Un désengagement américain préoccupant

Devant la commission sénatoriale, le général Anderson a indiqué que l’AFRICOM avait subi une réduction de 75 % de sa présence régionale au cours de la dernière décennie, contribuant à ce qu’il a qualifié de « trou noir du renseignement » dans certaines parties du continent.

Le sénateur Angus King, membre de la commission, a soutenu que les coupes opérées dans les programmes de l’USAID ont contribué à la résurgence des affiliés d’Al-Qaïda et de Daech déterminés à frapper le territoire américain.

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