ONU, G20, G7 : la France et l'UA plaident pour une meilleure représentativité de l'Afrique

La France et l’Union africaine se sont accordées le 13 avril 2026 sur la nécessité d’une réforme structurelle des institutions de gouvernance mondiale. À l’occasion de la troisième session du dialogue stratégique entre la Commission de l’Union africaine et la France, tenue à Paris, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot et le président de la Commission de l’Union africaine Mahmoud Ali Youssouf ont affirmé leur engagement commun pour corriger les déséquilibres de représentation du continent.

Le communiqué conjoint publié ce 14 avril, souligne que « la présentation prochaine du modèle de réforme africain à New York contribuera à créer un élan diplomatique en faveur de la réforme » du Conseil de sécurité. Les deux parties ont également rappelé « l’urgence d’une réforme globale » de cet organe afin de le rendre « plus efficace et représentatif, conformément aux objectifs de la position africaine commune, notamment le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte ».

L’Afrique exclue des cercles décisionnels mondiaux

L’Afrique, qui compte 54 États membres de l’ONU et représente 1,3 milliard d’habitants, ne dispose actuellement d’aucun siège permanent au Conseil de sécurité. Elle n’obtient que trois sièges non permanents pour des mandats de deux ans, ce qui contraste avec son poids démographique. Parallèlement, le continent demeure sous-représenté dans les institutions financières internationales, notamment la Banque mondiale et le Fonds monétaire international, où l’Afrique dispose d’une influence limitée sur les décisions.

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Ce déséquilibre s’accompagne d’une participation disproportionnée du continent aux crises que ces structures sont censées résoudre. Le Soudan, la Somalie et le Sahel figurent régulièrement parmi les dossiers prioritaires du Conseil, tandis que les voix africaines restent marginales dans leur résolution. La France et l’Union africaine ont réaffirmé leur engagement en faveur d’« une réforme ambitieuse du système multilatéral, dans une logique de représentativité et d’inclusivité ». Le communiqué conjoint précise que cet engagement constitue le gage de l’efficacité et de la légitimité des institutions multilatérales.

Une fenêtre diplomatique s’ouvre

Le calendrier international offre une opportunité inédite aux partisans de la réforme. Le processus de succession du secrétaire général de l’ONU débute précisément à la mi-avril 2026, avec le lancement des auditions publiques des candidats à partir du 20 avril. Parmi les cinq candidats figurent plusieurs profils susceptibles de prêter attention aux revendications africaines, dont Macky Sall, ancien président du Sénégal, présenté par le Burundi en mars 2026.

Simultanément, deux grandes instances diplomatiques structureront le reste de l’année. La France présidera le sommet du G7 à Évian du 15 au 17 juin 2026, où elle compte amplifier la voix de l’Afrique. Les États-Unis accueilleront ensuite le G20 à Miami les 14 et 15 décembre 2026. Paris et Addis-Abeba ont mentionné explicitement « l’importance de renforcer la place et la voix de l’Afrique dans les autres enceintes de gouvernance mondiale, notamment dans le cadre des travaux conduits au sein du G20 et dans le cadre de la présidence française du G7 ».

Les prochaines étapes critiques

Les réunions ministérielles du G20 Finances se tiendront le 16 avril 2026 à Washington, une première occasion pour les délégations africaines de relayer les demandes de réforme. Le modèle de réforme africain, attendu à New York, devra convaincre tant les puissances permanentes que l’ensemble de l’Assemblée générale. La sélection du nouveau secrétaire général par le Conseil de sécurité est prévue pour la fin juillet 2026, suivie de la nomination formelle avant le 31 décembre 2026.

1 réflexion au sujet de “ONU, G20, G7 : la France et l'UA plaident pour une meilleure représentativité de l'Afrique”

  1. Deuxième plus grand continent au monde, et c’est des petits qui doivent vous tenir la main?
    L’Africain est l’ancêtre de l’humanité, et devra se réveiller. S’unir ou périr, Kwame Nkruma.

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